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C’est reparti !

Le 14 décembre, on est reparti de Bangkok : après presque trois semaines de pause, on est contents de reprendre la route. On part vers le sud sur de grosses routes pendant les deux premiers jours, c’est pas toujours très drôle… mais la plage nous attend dans pas longtemps.

On passe dans un village où, pour une raison inconnue, les canneaux ont débordé : il fait plus de 30 degrés à l’ombre, on pédale pendant environ un kilomètre les pieds dans l’eau (vous l’avez vu dans les 10 secondes ?) Trop bien ! Ce jour là, on prend aussi un bac plein de monde : avec toutes nos sacoches et nos vélos, c’était assez épique !
Bref, on rejoint le bord de la mer dans l’après midi. Pas de plage pour le moment, mais un joli ponton de pêcheurs qui nous offre une sieste idéale à l’ombre, en regardant les mouettes et autres oiseaux marins jouer avec le vent.

Sur les grandes routes, les Thaï ne connaissent pas les boucles de sortie : pour tourner ou faire demi tour, ils font des “U-turn”. Il s’agit d’aller sur la voie la plus à droite (on rappelle qu’on roule à gauche), s’arrêter, puis redémarrer et croiser les voitures sur leur file de droite à eux, c’est à dire la file qui va le plus vite. En voiture ou en scooter, c’est déjà sportif, alors nous avec nos petits vélos…
En fin de journée on visite Wat Hong Thong, temple sur pilotis posé au bord de la mer. La nuit tombe. On sait qu’on peut demander à dormir dans le temple, mais ici c’est un lieu touristique ; on y croit moyen… Aidé par un jeune thaïlandais qui parle anglais, Thomas va voir le grand chef du temple (le cérémonial pour parler au chef est assez impressionnant) : on dormira ici cette nuit. On pose la tente dans la salle de prière, des nonnes viennent nous offrir un plat de pâtes et diverses sucreries ; on discute un peu avec une ou deux qui ont des bases d’anglais. En fait, ce temple bouddhiste accueille essentiellement des femmes “stagiaires” : l’une d’entre elles nous explique qu’elle aime venir ici se ressourcer au moins une fois dans l’année, pendant 15 jours : à chacun ses vacances !
À 20h, elles nous disent “bonne nuit”. On en profite pour aller faire quelques photos de nuit, tous seuls dans ce lieu magnifique. À 4h du matin, réveil par le murmure continu des nonnes bouddhistes qui prient. On se rendort jusqu’à 7h pendant que les nonnes commencent déjà activement leur journée. Nous sommes invités à prendre un maxi petit déjeuner avec elles avant notre départ. On mange simplement sur une natte à même le sol dans des plateaux repas : du riz, de la viande et des légumes.

Puis à Chon Buri, on trouve enfin une belle plage de sable blanc, cocotiers tout du long, et transats sur la plage pour se poser à l’ombre des parasols et se baigner. Avec un décor pareil, on se dit que ça valait bien le coup de galérer un peu !
Le soir dans un village de pêcheurs, on sort notre arme magique : un mot en Thaï écrit par notre hôte de Bangkok sur lequel on explique qu’on cherche un coin pour poser la tente. De fil en aiguille on atterri dans le jardin d’une Guest House. C’est tout confort ! Merci à ces hôtes improvisés pour leur accueil généreux, c’était top !

On arrive le mardi à Pattaya, très grosse station balnéaire en mode “la Grande Motte” (avec des prostituées dans les bars en plus…). La seule chose qu’on aura bien aimé ici, c’est la visite du “sanctuaire de la vérité” : sanctuaire bouddhiste tout en bois, avec des décorations de styles birman, cambodgien, indien et thaï, posé sur la plage.
Le soir on trouve une Guest House avec petits bungalows au bord d’une rivière. Trop class ! On ne pose pas la tente, on se paie un vrai lit cette fois ci ! (c’est ça qui est chouette en Thaïlande : on peut avoir un bonne chambre pour 12€ !)

Le mercredi, on trouve enfin une vraie route de campagne, au milieu de nulle part – il faut faire plusieurs kilomètres entre les villages. On est au milieu de forêts, de plantations d’ananas, de bananiers, de caoutchoutiers. Ok on a un peu le vent de face, mais on est tellement contents retrouver des petites routes de campagne avec très peu de circulation. C’est exactement dans ses moments là qu’on bénit Google Maps et notre app “OruxMaps”, on ose tellement plus facilement se perdre pour sortir des sentiers battus, c’est génial !
C’est là qu’on est le soir quand la lumière baisse et qu’il s’agit de trouver notre spot dodo. Il y a plein de Thaï qui font du vélo de route. C’est comme ça qu’on rencontre Santipap, qui finit par nous ramener chez lui car il trouve que le coin n’est pas sûr pour poser la tente. Nous sommes accueillis comme des rois ! Un bon resto Thaï et une bière au bord de mer permettent de faire un peu connaissance de lui et sa femme.
Par contre ici en Thaïlande, le travail commence tôt ! Souvent entre 6h et 7h. Nous quittons donc la maison en même temps qu’eux, à 6h : c’est notre premier lever de soleil sur la selle de vélo. Quelques kilomètres plus loin, à Rayong, on se trouve un petit “resto” pour manger un bout. On a pris l’habitude des petits-déjeuners Thaï à base de soupes ou de riz frit, pas de souci. Mais là, on tombe… sur des soupes d’abats ! Glups, c’est un peu hard au réveil !

La Scenic Route

Après Rayong commence une petite route en bord de mer qu’on va suivre jusqu’à Koh Chang. C’est superbe, avec de belles plages de sables, des cocotiers, des tamaris, des cahutes en bambou… On croise plusieurs francophones qui viennent passer leur retraite dans ce cadre idyllique ! (Ça pourrait donner des envies à certains, non ?!) Y’a des jours comme ça où on n’arrive pas à enchaîner 5 kms : on s’arrête sans cesse pour les photos.
Le soir, on trouve un petit coin d’herbe dans l’enceinte d’un temple. Ils gardent toute la basse-cour ici : famille de cochons, chiens, chats, poules, et beaucoup de coqs, qui nous réveilleront plusieurs fois en pleine nuit ! Non mais normalement les coqs ne sont pas censés chanter qu’au petit matin ?!

Vendredi 19 et samedi 20 décembre, on continue la “scenic route”, qui serpente maintenant entre champs de caoutchoutiers, élevage poissons, mangrove et mer. Au coucher de soleil, on se baigne dans la mer : elle est bien chaude ! Autour d’une bière fraîche, on se dit qu’on a un peu honte parfois d’être là alors que la plupart d’entre vous êtes en train de bosser, et qu’on a des conditions hyper faciles en Thaïlande ! Mais bon, c’est aussi notre voyage de noces et les mois qui viennent en Asie ne seront sûrement pas toujours aussi faciles !

Samedi soir, on approche de Koh Chang ; le hasard nous fait poser la tente dans le jardin d’une famille Thaï dont le père/grand-père fait du cyclotourisme comme nous ! Sa femme nous prépare un délicieux repas à base de fruits de mer… c’est hyper bon, on se régale ! Le voisin/cousin tient une guest house et il y a un karaoké ce soir. On va faire un tour, histoire de voir. Sauf que personne ne nous avait prévenu… c’est en fait un bar à hôtesse ! Fun mais un peu gênant (ils chantent tellement mal !), on a avalé un verre et on n’a pas traîné, mais ça nous a bien fait rigoler !

Koh Chang

Le dimanche, il ne nous reste plus que 25kms avant d’arriver au bateau : facile. Dès la sortie du bateau, la route se met à grimper fort. Ça monte sec mais c’est vite passé. Il paraît qu’il y a deux cols à franchir. Est ce que c’était le premier ? On attaque la 2 ème montée après le déjeuner, il est 14h, le soleil tape fort. On a l’impression qu’ils ont juste posé la route sur le décor, sans réfléchir à la pente – qui doit s’approcher souvent des 20%. Les camions ont beaucoup de mal à grimper… et nous aussi ! Je pousse mon vélo plus que je ne pédale. Mais on arrive au bout ! La descente est tout aussi impressionnante. On avance quelques kilomètres et… voilà la route qui se remet à grimpe aussi sec ! Les forces diminuent, je peste beaucoup… Bon, en fait c’était ça, le 2ème col ! La première grimpette n’était qu’un échauffement. On fini la côte à pied, Thomas me poussant le vélo et moi à pied, tellement je suis épuisée !

On arrive un peu à bout de forces au village repéré, mais la chance est toujours avec nous : on trouve facilement une Guest House géniale. Seulement 2 bungalows, un peu sur les hauteurs de Lonely Beach, ce lieu est tenu par Nikki, une anglaise très sympa. On passe 5 nuits dans son Secret Garden et 4 jours à se reposer et profiter de cette île paradisiaque. Koh Chang est assez préservée du tourisme de masse (hormis vers la première plage, White Sand Beach), les plages sont superbes, la mer est bleue turquoise… De vrais vacances !

Pendant ces quelques jours, on a…

– Découvert les fonds marins, ses coraux et ses poissons multicolores, avec une journée de snorkelling ;

– Découvert les hauteurs aussi, par un trek dans la jungle avec un guide : orchidées sauvages (mais une seule en fleur), arbres parasites, bambous… Mais pas beaucoup de bêbêtes (on pensait voir des singes, mais ils sont plutôt aux abords des villages où ils trouvent plus facilement à manger…). Le midi, pause avec baignade dans une cascade.

– On a loué un scooter pour parcourir les routes de l’île et on s’est baigné sur des plages où il n’y avait que nous.

– J’ai fait un massage relaxant d’une heure avec le bruit de la mer dans les oreilles.

– On a mangé pour 5 euros chacun un énorme buffet-barbecue.

– Et on s’est fait des copains aussi ! Nikki, notre hôte ; James et Andrea, anglais et autrichiens, nos voisins de bungalows, que nous retrouverons à Phnom Penh pour le nouvel an ; Florian et Aurélie, deux français avec qui nous avons passé la journée de Snorkelling, et aussi le réveillon ; et deux Norvégiens, d’autres voisins de bungalows (et accessoirement un beau Gecko qui a été notre colocataire pendant 2 nuits)

Quitte à être à l’autre bout du monde, quoi de mieux que de passer Noël dans ces conditions ? Au menu du réveillon, il fallait quelque chose qui change de notre quotidien pour marquer le coup : nous avons dévoré deux délicieux Burger ! Puis direction la plage, où assis sur des nattes sur le sable, en buvant des cocktails, nous avons rencontrés plein d’autres français et avons eu le spectacle de jongleurs avec le feu et quelques minis feux d’artifice.

Bye, Bye, Thaïlande !…

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Nous avons repris la route le 26 décembre. Vu comment s’était passée l’arrivée, j’avais dit “pas questions de refaire les côtes !”. Mais les taxis voulaient nous faire payer l’équivalent de 2 nuits d’hôtels pour les 25kms jusqu’au port. Alors pour la première fois, on a testé le stop-pick up avec les vélos ! Et hop, en 10 minutes chacune, nous avons passé les côtes ! Le reste, on l’a fait en pédalant.

Une fois revenu sur la terre ferme, la route ondule gentiment. Nous nous rapprochons doucement des collines des Cardamones. En fin d’après-midi, chute dans le peloton : Thomas s’arrête pour prendre une photo, je suis derrière, nos roues se touchent, et en quelques secondes, j’atterris dans le bas-côté en herbe (j’entends déjà nos deux mamans frémir derrière leur ordinateur ! 🙂 ) Plus de peur que de mal : deux bleus seulement ! Le soir, nous trouvons place dans un hangar d’un club de foot, avec électricité, douche (enfin, tuyau d’eau) bouilloire,… le luxe ! Le gardien du lieu nous tient compagnie une partie de la soirée, la discussion est assez limitée car il ne parle pas du tout anglais, mais nous passons un bon moment.

Après une bonne nuit, nous nous dirigeons samedi vers la frontière Cambodgienne. Nous sommes presque toute la journée dans un petit bras de terre entre mer et montagne/jungle. La route est belle, bien asphaltée, et peu passante. Il fait chaud et humide, mais quelle vue ! Environ 7-8 kms avant la frontière, nous découvrons pour la première fois la pluie tropicale : ça mouille sacrément !!

Tout dégoulinants (de pluie, pas de sueurs, ca change !), nous arrivons au poste de frontière, pour faire nos visas cambodgiens. Les tarifs ont augmentés en octobre, on énerve un peu le douanier à lui poser des questions sur ce prix plus élevé (1500 baths chacun) que celui que nous attendions. Et on se fait avoir avec la prise de température qu’ils font payer 20 baths, et qu’on aurait pu éviter. Mais dans l’ensemble, ça s’est plutôt bien passé.

Nous voilà au Cambodge ! On est un peu tristes de quitter ce pays où nous avons passé de si bons moments, et où la vie a été si facile. Qu’est-ce qui nous attend au Cambodge ?…

Ce qu’on a aimé en Thaïlande

– des gens A-D-O-R-A-B-L-E-S, souriants. Une gentillesse et une hospitalité qui égalent, voire dépassent je crois, celle reçue en Turquie.

– des prix similaires partout ; et des gens qui n’essaient pas de nous faire payer plus cher parce qu’on est Farangs ; un sentiment réel de sécurité.

– Pouvoir s’arrêter au bord de la route, manger des ananas, des pastèques, des bananes, cueillies fraichement dans le champ du coin. Et la street-food en général : les petits scooter-restos de brochettes, de poulet, de jus ; les restos sur le trottoir où pour 35 baths (moins d’1E), on mange un bon riz frit au porc, un soupe Thaï…

– Boire un coca bien frais, ou un café glacé (trop bon) après quelques heures à suer sous le soleil. On a eu une consommation assez conséquente de Coca en Thaïlande !

– Beaucoup de couleurs, la découverte de faune et de flore “exotiques”.

– Des chiens errants vraiment cool : ils sont peu nombreux ceux qui aboient ou nous courent après ! Trop chaud, la flemme.

– De belles routes bien goudronnées, un relief relativement plat (sauf à Koh Chang !).

– Pouvoir prendre des douches TOUS les jours ! Après les couches de crème solaire, d’anti-moustiques et de sueurs, quel bonheur de ne pas se coucher sale ! Que ce soit dans les temples ou dans les jardins où on a dormi, les gens nous ont toujours proposé de prendre une douche.

Note : nous voudrions dire notre grosse grosse pensée aux Cyclomigrateurs, qui ont vu leur périple à vélo suspendu après avoir voulu faire des galipettes avec un chameau. Irène, remets-toi bien, et reviens vite sur la selle !