The land of lakes

La Pologne ! Des tâches de couleur dessinent le paysage, baigné d’un soleil qui chauffe. Le jaune des champs de blé, le vert des arbres ; le bleu des si nombreux lacs et de la mer Baltique ; le blanc et le noir des vaches (normandes ?:-) ) et des cigognes…

Nous avions une image de la Pologne plutôt sombre, mais ce qu’on en a vu nous a remis les pendules à l’heure. Malgré quelques maisons abandonnées, ce décor de fermes en brique rouge et de maisons au toit de chaume nous laisse en tête une vision assez positive.

La belle Mazurie

Nous sommes entrés en Pologne après un passage en Lituanie assez rapide ; frontière sur 4 roues (dans le camping-car parental Dalmayrac) et non sur deux roues cette fois ci !
Par ce même moyen de transport, nous découvrons la Mazurie : région du Nord de la Pologne, connue pour sa nature préservée et ses lacs si nombreux. En effet, il y a des lacs partout, et les spots déjeuner et dodos sont facilement accompagnés d’une baignade. Le premier soir, nous sommes surpris du côté apparemment très touristique du coin… mais on comprend vite quand on se rend compte qu’au village il y a le monastère où Jean-Paul II a dormi en 1999, pendant son voyage en Pologne. On peut visiter les appartements où il a dormi… pendant deux nuit ! Premier exemple grandeur nature de la piété des polonais.

Puis direction Elk où le camping-car fait un tour chez le “médecin” ce qui nous permet de faire… à peu près rien ! Lire, se baigner au lac… ça faisait longtemps !

Quand notre voyage rencontre l’histoire…

Nous roulons ensuite vers le touristique lac de Gizicko… où nous passons assez rapidement.

Si nous passons par là, c’est surtout pour aller au repère du loup. C’est ici que Hitler a passé une bonne partie de la guerre : un village de bunkers, avec non seulement ceux dédiés à la communication de la guerre, l’hébergement des soldats, mais aussi cinéma et sauna… Ce village sous les arbres a été cherché pendant la guerre, mais jamais découvert. Dingue étant donné son étendue et les 2500 personnes qui y vivaient !
Lors de l’arrivée des russes, les allemands ont dynamité les bunkers… mais visiter ses ruines est tout de même assez impressionnant. Pour sûr, ce lieu fait parti des visites marquantes de la Pologne (et même du voyage).

La nuit s’annonçant, nous posons tente et camping-car dans le camping gratuit de la zone touristique. Bizarre de dormir là où Hitler a vécu…

Encore des retrouvailles !

Le moral de l’équipe est vite remonté par l’annonce d’Émilie (soeur de Thomas) arrivée par surprise à Sopot, station balnéaire juste à côté de Gdansk (Danzig). Nous avalons en une journée 400 kms de route. À travers la vitre du camping-car, on observe les champs de blé en pleine moisson, les camions, tracteurs et silots à grains qui ponctuent le paysage. On avale ces paysages plus vite qu’on en a l’habitude – et on est un peu frustrés de ne pas être là en vélo.

Mais l’avantage c’est que nous sommes vite à Sopot – le Deauville polonais – et nous y retrouvons Émilie, Pascal et la petite Inès de 18 mois maintenant (c’est dingue ce qu’elle a changé) !
Pendant 48h nous profitons en famille, et faisons du tourisme. La vieille ville de Gdansk est très jolie, des maisons pointues qui nous font penser à la Hollande. Mais malheureusement, c’est encore une fois un Disney Land du tourisme de masse avec des boutiques en mode marché de Noël dans presque toutes les rues… Après ce bain de foule, on retrouve un peu de calme et de sérénité (pour ceux qui n’ont pas trop le vertige) en haut de la tour de l’ancien hôtel de ville, où nous pouvons admirer tranquillement la grandeur et la splendeur de la ville.

Le retour du biclou

Il nous faut ensuite reprendre la route le lundi ; en vélo, youpi !!

On dit au revoir aux parents, que nous reverrons dans deux mois. Émilie et sa famille, nous allons encore les retrouver pour les deux prochaines soirées pour partager des bivouacs (eux avançant en voiture).

La sortie de Gdansk se fait bien, avec pas mal de pistes cyclables. À un carrefour, un papi polonais vient discuter et fini par nous demander d’attendre là 5 minutes et revient avec… une médaille et l’emblème de la ville sur une plaque de bois ! Après la ville nous retrouvons la campagne, variée et vivante ; des pistes cyclables super en pleine nature ; un parc naturel où on voit beaucoup d’oiseaux ; mais des routes d’états très aléatoire – plutôt rapiécées de partout. Après une belle journée, nous trouvons un spot parfait dans la forêt – 1er camping sauvage pour Inès !
Le lendemain matin, la R10 – la piste qui correspond à la future Eurovélo 10 non encore réalisée ici – nous promène dans la forêt non loin de la mer. Aucune voiture, seulement les dunes, la forêt et… un nombre impressionnant de cyclos ! Après un déjeuner sur la plage, l’après midi est moins drôle, bien plus crevante : un imbroglio de pistes cyclables dans la forêt où il faut essayer de parier sur laquelle sera la moins ensablée… Bref, régulièrement on pousse le vélo, c’est crevant !
En fin de journée nous sommes rincés, et Émilie nous annonce être posée à 20kms de là… arf, on est épuisés que fait-on ? Allez, zou, un dernier coup de motivation et on décide de forcer un peu pour les rejoindre. Après quelques kilomètres de route et encore pas mal de pistes ensablées, on arrive au camping à 19h45… soulagés !

Entre campagne et stations balnéaires

Le lendemain, nos routes se séparent pour de bon. Pas mal de chemins puis de la route, et nous arrivons à Ustka, où nous dînons sur la plage face au plus beau coucher de soleil du voyage : d’un côté milles couleurs chaudes d’un soleil qui sort tout juste d’une journée dans les nuages ; de l’autre côté un magnifique arc en ciel entier… La tente est posée dans la forêt à la tombée de la nuit.
Sur la route, les paysages de campagne sont toujours assez variés. La moisson bas son plein un peu partout, et dans les champs poussent maintenant quelques étranges choses… des éoliennes ! Il fait chaud, mais les petites routes sont sous les arbres comme nos bonnes vieilles nationales du sud de la France : ça garde la fraîcheur. C’est doucement vallonné et c’est très agréable.

On continue ainsi les jours suivants entre campagnes et stations balnéaires à la pelle. On est peu soulés de ce tourisme de masse que l’on croise quotidiennement lors de nos passages en bord de mer… Mais on garde de belles images en tête de la campagne et des forêts, ainsi qu’une très bonne impression des polonais, bien plus souriants que les russes et à priori plutôt sympa.

Pologne, ce n’est qu’un au revoir ?

Maintenant, en route pour l’Allemagne, en route pour Berlin ! Mais là encore il y a beaucoup à raconter… la suite au prochain épisode !