Nous vous avions laissé à la fin de la première semaine, où la pluie nous avait parfois un peu arrosé mais le soleil était plutôt présent. La 2ème semaine sera sous le signe de la polaire et du k-way ! 😉

En effet, dès la soirée du vendredi, la pluie commence à tomber un peu plus forte et plus longtemps. Dans la nuit, un orage nous tourne autour et nous garde éveillés pendant 1h30 environ (sauf Erwan qui ne s’est même pas réveillé, malgré certains éclairs mesurés à 1 kms de nous et donc bien sonores !). On le sait, la nuit a été mauvaise, la journée ne sera pas des plus faciles : avec la fatigue, les émotions montent parfois vite pour nos deux filles. On essaie de communiquer au mieux et d’être patients… On essaie ! 😅

Mais pour nous aider à avancer, nous avons la bonne motivation d’une aire de bivouac à 30 kms qui promet d’être sympa. Les kilomètres s’avalent doucement, à l’aide de petits jeux sur le vélo (petit bac et ses variantes créées par Julia ; deviner à quel animal on pense, etc.), sous un ciel gris mais sans trop de pluie (plutôt en mode crachins bretons sur l’après-midi)

En fin de journée, on découvre les échelles d’écluses : des écluses successives, écartées de quelques centaines de mètres qui permettent de monter (ou descendre, selon le sens dans lequel on va !) une colline : c’est très joli. Cette échelle d’écluses permet de monter 90m de dénivelé positif : notre premier col du voyage ! 😉 Presque au sommet, on découvre une super aire de bivouac avec bar et jeux en bois bretons. Après en avoir profité un peu (les adultes d’un côté, les enfants de l’autre, je vous laisse deviner qui va où), on va vite monter la tente avant que la pluie arrive et ne s’arrête plus avant tard dans la nuit. Une soirée bien animée dans le champ de l’autre côté du canal nous berce encore un moment avant qu’on arrive enfin à tous s’endormir.

Le dimanche 20 juillet, nous avons 15kms (et 150m de dénivelé négatif !) pour rejoindre Pontivy, alors nous y allons tranquille. Un petit crachin breton s’invite régulièrement et tout le monde sort son k-way et on troque les shorts contre les pantalons !

On arrive à Pontivy en début d’après-midi et à peine la tente est-elle posée qu’une grosse pluie nous retiens dedans. Les enfants en profitent pour sortir des activités type « cahier de vacances » et Alice joue à la maîtresse avec Erwan. Ça nous rappelle que bientôt il faudra faire l’école aux enfants sur la route. Mais pour le moment, on prend le rythme du voyage… Quand la pluie nous libère, les enfants vont jouer dans le camping et se faire des amis.

Le lendemain, c’est jour de pause à Pontivy. Une chasse aux trésors organisée par l’Office du tourisme nous promène dans les rues moyen-âgeuses de la ville : un moyen de visiter la ville qui ravit petits et grands. Ensuite, la fin de journée est… à la piscine ! Les enfants nous réclamaient la piscine depuis un moment, alors on saute sur l’occasion. En plus, elle vaut sacrément le coup cette piscine : un superbe bassin olympique dans une piscine des années 30 restée dans son jus, je trouve qu’elle a beaucoup de charme. Il faut juste oublier qu’il fait un peu froid (mais l’eau est bien chauffée) ! Du coup, vu le temps, on est presque tous seuls ! Bref, les enfants sont aux anges de leur journée !

Les enfants sont aux anges mais les parents trouvent qu’en journée de repos, c’est fatiguant de gérer les multiples chamailleries entre eux (sur ce début de voyage, ils se disputent plus en journée de pause qu’en journée de vélo) ainsi que leurs envies incessantes d’acheter tout dans les magasins ! 😅

Le mardi, on reprend le chemin des canaux. Thomas découvre dans la matinée que la carriole est fragilisée au niveau du point d’accroche sur le vélo. Cela lui rend plus difficile les montées : la carriole fait des rebonds quand il pédale dans les côtes… On cherche un peu sur Internet… Impossible de trouver une pièce Croozer pour notre carriole qui n’est plus toute jeune… On trouve une pièce d’une autre marque, qui se dit universelle et semble correspondre. Pas d’autres choix ! On la commande sans être convaincu que ça fonctionne. Elle sera livrée vers Roscoff, il faudra que ça tienne jusqu’à là !

L’après-midi nous occupe bien avec le passage au barrage de Guerlédan et surtout la montée jusqu’à Mur-de-Bretagne ! Passage célèbre des cyclos de la Vélodyssée pour son fort dénivelé. Mur de Bretagne, c’est un mur, nous a-t-on dit ! On redoute un peu…

Après une recharge énergie en abricots secs (notre drogue quotidienne à vélo), on s’y attaque ! Rapidement dans la côte, les filles mettent pied à terre et poussent les vélos. La pente est annoncée à 7% mais doit être au moins à 10% ! Thomas arrive à rester sur le vélo en faisant sortir Erwan de la carriole. Julia et Erwan l’aident en poussant la carriole : cette solidarité spontanée fait plaisir à voir ! Alice gère son vélo seule malgré le chargement, et sans râler. Assez rapidement, la pente raide s’aplatit et laisse place à une montée plus douce où l’on peut remonter tous en selle et nous arrivons en haut ! Youpi, on a réussi !!

Au village, bien échauffés par la route, on monte à l’Office de tourisme (on y récupère un passeport de la vélodyssée que les enfants pourront faire tamponner à chaque ville) puis on redescend jusqu’au lac pour notre bivouac du soir. Au lac, la vue est magnifique, les enfants se baignent pendant qu’on prépare le dîner, puis nous concoctent un spectacle, avant de filer au lit (enfin, sur le tapis de sol plutôt 😉). Le crachin breton, qui nous avait laissé tranquille toute la journée est de retour et nous empêche malheureusement de profiter de la vue pour notre petit bout de soirée avant le coucher du soleil. Heureusement, nous avons une grande abside à la tente qui permet de profiter un peu avant d’aller nous même nous faufiler dans nos duvets.

Le lendemain matin, on retrouve la voie verte pour une longue montée douce sous les (grosses) averses… puis une descente sous le soleil de retour !

Au joli village de Gouarec, c’est activité pêche pour Thomas et les enfants ! Nous avions gardé la ligne de pêche donnée par des amis rencontrés sur la route lors de notre précédent voyage : un bambou, du maïs (ou même des limaces) et c’est parti ! Enfin… c’est parti pour s’amuser pendant un long moment mais nous repartons bredouille !! 😅 Est-ce le matériel ou le manque de chance/talent qui est en cause ?

Pour parcourir les kilomètres de la fin d’après-midi, les enfants alternent les configurations : Erwan sur le vélo de Julia au followme (et Julia dans la carriole), puis sur son vélo, en autonomie ou tiré par la sangle de remorquage de vélo. On utilise régulièrement cette possibilité de varier l’organisation, notamment entre Julia et Erwan : c’est bien pratique ! Cela permet à Julia d’avoir des temps de repos supplémentaires, à Erwan de se fatiguer un peu plus, tout en gardant le rythme si on veut avancer. Globalement, ils s’entendent plutôt bien sur les échanges vélo/carriole donc on les laisse gérer !

Une nouvelle fois, c’est une écluse bien équipée qui nous servira de spot très agréable pour la nuit. Cette écluse est probablement aussi « équipée » de rongeurs type ragondin car dans la nuit un sachet de pain de mie aura servi de goûter à un animal non identifié…

Le jeudi 24 juillet, c’est direction Carhaix ! Dans la journée, on aura :

  • De chouettes échanges avec des cyclos, petits et grands voyageurs. Parler avec eux nous fait commencer à réaliser la grande aventure dans laquelle on s’embarque…
  • Une échelle d’écluses descendantes dans laquelle une colonie de vacances passe en canoë : un spectacle pour les enfants qui anime notre déjeuner
  • Un canal qui devient vraiment plus sauvage ! Il n’est plus entretenu pour permettre le passage des bateaux. Il y a des arbres dans l’eau (et même une fois sur le chemin), le niveau de l’eau est parfois très bas. C’est très joli ce retour au sauvage du canal et des écluses !

Quelques kilomètres avant le camping de Carhaix, on dit au revoir au canal de Nantes à Brest que nous suivons depuis le départ ! Bye bye canal, on avait peur de s’ennuyer à tes côtés et finalement on a passé vraiment de bons moments !

Le lendemain matin au camping, on rencontre une famille de cyclos ! Ils ont voyagé 4 mois à vélo l’an dernier avec leurs 3 garçons, ils sont de Cholet (donc pas loin de chez nous !) alors forcément on a plein de choses à échanger ! On les retarde un peu dans leur départ de la journée du coup 😉. De notre côté nous avons le temps car nous avons prévu de nous poser là pour la journée. Essayer à nouveau de pêcher (toujours en vain!), visiter le centre équestre voisin et faire une promenade à pied dans les environs : un p’tit programme tranquillou qui permet à Thomas et moi d’avoir chacun un moment off sans enfant (pour notamment avancer sur le site et les vidéos).

Cette deuxième semaine le long du canal a été vraiment chouette et nous lance dans la « réalité » de notre grand voyage à vélo. Les enfants sont moins fatigués, le rythme se prend. On est impressionnés par leur capacité physique, et leur mental aussi ! En famille, on apprend à prendre le temps, et à trouver l’équilibre entre le temps qu’on a d’une part, et l’envie d’avancer aussi d’autre part.

Alors, la lecture de ce début des aventures vous a donné envie de venir pédaler sur le canal de Nantes à Brest ? Dites nous tout !

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