Le 26 septembre, nous quittons notre petit écrin de verdure (voir l’épisode précédent) pour se diriger vers la gare de Burgos. À l’arrivée du train, nous poussons les vélos chargés directement dans le train, trop facile ! Le contrôleur ouvre de grands yeux devant notre chargement mais ne dis trop rien, tout est rapidement bien rangé et ficelé pour ne pas risquer de tomber ! Nous avons 3h de train, qui passent vite notamment en faisant l’école.
Mignonnerie du jour par Julia : « Oh, Maman c’est un train de friandises ! » : c’était un train de marchandises mais elle ne se souvenait plus du mot exact ! 🤣
À la gare d’Avila, je reste bloquée quelques minutes dans l’ascenseur en ayant voulu passer avec mon vélo dans un ascenseur sous-dimensionné ! Oups ! Du coup, les autres ont le droit de passer sur les rails en bout de quai avec un personnel de gare, histoire qu’on ne bloque pas l’ascenseur à tour de rôle !

On traverse la ville et on découvre la magnifique muraille de la vieille ville d’Avila, avant de trouver un lieu pour la nuit en périphérie.

Avila est situé à une altitude de 1131m : au réveil, il fait 3°c ! Avec nos duvets 0°c, on n’a même pas eu froid ! Test du matériel hiver : check ! 😉 Je ne sais pas si c’est ce froid qui a stimulé tout le monde pour vite se préparer mais toujours est-il que nous sommes prêts en un temps record et nous avons le temps avant le départ de notre train d’aller visiter la vieille ville en vélo avant : on ouvre grand les yeux car la ville est très jolie et c’est aussi l’occasion d’un cours d’histoire grandeur-nature pour les enfants !

Nous reprenons le train vers 13h pour nous rendre à Salamanque.

Dimanche 28 septembre, nous visitons cette magnifique vieille ville de Salamanque (avec nos vélos mais non chargés : nous sommes posés au camping pour 2 nuits !). L’office du tourisme propose des livrets pour faire chercher aux enfants des détails sur les bâtiments principaux : ça les motive super bien, et tout le monde apprécie vraiment la visite touristique. On associe ces recherches à un jeu de lecture du plan de la ville pour les grandes, qui doivent nous guider dans les ruelles.
Sur le chemin du retour, sur la Plaza Major, on tombe sur un groupe d’étudiants qui jouent de la musique espagnole en tenue traditionnelle. C’est un beau spectacle et les enfants restent scotchés malgré l’heure avancée de la journée.

Bref, Salamanque est un coup de coeur pour toute la famille !

On reprend la route le lendemain vers le sud, en trouvant des pistes cyclables agréables pour quitter la ville. Nous pédalons ensuite dans de grandes plaines et collines jaunies par l’été, un temps sur une piste caillouteuse (aïe, on n’aime pas trop ça !), puis sur une petite route agréable. Ces zones de champs de blés coupés semblent être un paradis pour les rapaces : il y en a toujours un qui plane dans un coin du ciel, tout le long de l’après-midi.

Au village de San Pedro de Rozados, nous montons la tente dans le parc à l’entrée du village : robinet d’eau potable, tables et aire de jeux ! Les enfants disent eux-même que c’est aussi bien que le camping (mais qu’il manque juste le bloc sanitaire !). Bon c’était sans compter sur l’arrosage automatique du parc qui se met en route à 22h30 pendant 1h ! Ah oui, la pelouse est bien verte, le doute qu’on avait eu se confirme en effet ! 😆

Le lendemain, les champs de blé moissonnés laissent place à des champs d’herbe jaune avec des chênes verts, dans un paysage encore plus vallonné. Nous gravissons tranquillement les collines (ce qui laisse tout le temps aux mouches de bien nous tourner autour du visage…), à la fin desquelles nous découvrons à chaque fois de nouveaux points de vue et de longues descentes.

On croise quelques cyclotouristes comme nous : ça nous rappelle qu’on est sur l’eurovélo 1 (oui, la même grande route européenne que nous avions en Irlande… mais l’autre côté !). Elle est moins bien faite qu’en Irlande car elle passe parfois sur des chemins de randonnée peu cyclables vu notre changement (on a donc adapté le trajet à notre sauce) et le tracé récupéré sur le site officiel ne correspond pas toujours au fléchage sur le terrain – surprenant !

Erwan fait quelques portions au FollowMe, comme souvent ces dernier jours où il est assez demandeur pour pédaler. Le soir, c’est à nouveau une aire de jeux aux abords d’un village qui nous sert de lieu de bivouac pour la nuit.

Le lendemain, un 1er octobre sous un ciel quasi sans nuage, nous avons une belle étape qui nous attend avec un dénivelé en forme de « casserole » : descente / plat / montée. Descente et plat : trop facile ! La montée forcément demande un peu plus d’huile de genou (c’est comme l’huile de coude, mais pour les cyclistes 😆). Elle est longue mais régulière. On voit de nombreux rapaces ou autres oiseaux, et aussi un renard en plein après-midi ! Quelle surprise !
Dans un village, la montée se fait plus forte (au moins 10%!), on appuie fort sur les pédales, sous les applaudissements d’un groupe de mamies qui discutaient sur un banc. Quelques kilomètres plus loin nous arrivons à Bejar, village entouré de montagnes. Après des courses à Al Campo (c’est Auchan, version espagnole 😅), on va récupérer la voie verte de la Plata et on pose la tente aux abords.

Jeudi, nous découvrons cette belle Via Verde de la Plata : elle a un revêtement de meilleure qualité que les précédentes voies vertes. Après un début plutôt plat, on commence une très longue et douce douce : 40 kms ! On a l’impression de tricher en allant tout droit, sur ce chemin au milieu des montagnes à 360° autour de nous ! Vu notre avancée et toute cette descente, on se donne le défi d’atteindre le camping de Plasencia (Plasence) pour le soir, soit plus de 55 kms dans la journée ! Notre moyenne quotidienne est de 30 kms : est-ce faisable ?! Nos filles sont super motivées pour relever le défi. Petit coup de pouce pour réussir ce défi, on traverse des paysages variés et le plus souvent jolis : vallées d’oliviers, chênes, points de vue de ponts… mais aussi de grandes zones où le feu a fait ses ravages cette année. Une crevaison (vélo d’Estelle !) nous retarde un peu mais ne casse en rien la motivation de la troupe.

Tout en ayant profité des points de vue et de la jolie lumière de fin de journée, nous arrivons à 19h15 à l’entrée de Plasencia… et à 20h15 au camping qui est de l’autre côté de la ville, à la nuit tombante. Ouf, ça y est, on y est !
Au final, 63kms, dont 40kms de descente cumulée. Nous sommes tous épuisés (moi la première) par cette méga journée mais très heureux d’avoir relevé le défi !

Au total, nous en sommes à 1670kms depuis le début de notre aventure !

Nous passons deux nuits au camping pour un repos bien mérité.

Samedi matin, on remonte sur nos selles ! Dans Plasencia, plusieurs groupes de musique ou de chanteurs déambulent, ce qui donne une ambiance festive pour notre visite de la ville.

Pour sortir de la ville, on trouve une piste cyclable sympa, mais la suite sur l’eurovélo1 est sur une nationale bien passante… Nous comprenons que l’autoroute parallèle est temporairement fermée dans notre sens sur une vingtaine de kilomètres et donc que la circulation est renvoyée sur notre route… C’est stressant et pas du tout agréable !

Quand, en fin de journée, arrive la ré-entrée des voitures sur l’autoroute, on souffle un grand coup… et on découvre que notre N630 est finalement une vieille nationale bien sympathique ! Nous montons doucement le lendemain matin jusqu’à un col pendant lequel nous voyons de nombreux vautours. Puis nous enchaînons sur une belle descente, jusqu’au lac artificiel/réservoir d’Alcantara (deuxième plus grand réservoir artificiel d’Europe), sur le fleuve Tage. Nous y faisons la pause pique-nique. Il fait très chaud, les enfants sont fatigués et excités, les parents fatigués aussi. C’est parfois un peu tendu dans la journée. Notamment après la sortie du hameau où il fait encore très chaud… même en repartant à 16h30 ! La route est faite de nombreuses montées et descentes. En fin de journée, on demande conseil aux habitants d’un hameau pour poser la tente : la journée se termine avec une jolie vue et un beau coucher de soleil ! Dans ce hameau, pas d’eau potable : les gens nous remplissent généreusement notre poche à eau avec des bidons d’eau achetés !

Au petit matin, on se réveille en observant le lever de soleil depuis notre tapis de sol car nous avions laissé le « volet » de la tente ouverte pour ne pas avoir trop chaud cette nuit : c’est efficace et le réveil est sympathique !

Après 17kms de route sans grand intérêt, nous établissons notre record de la journée la plus courte du voyage : à 11h45, nous voilà arrivés au camping de Caceres où on va rester deux nuits ! Camping de luxe où chacun a son mini bloc sanitaire, et où il y a également une belle piscine et des aires de jeux. On profite à fond de notre journée de repos, essentiellement au bord de la piscine.

Nous faisons la visite de Caceres le 8 octobre, en repartant. C’est une superbe ville où l’on découvre encore un peu plus l’Histoire de cette partie de l’Espagne et l’alternance de cultures qu’il y a eu (romains, almohades/maures, chrétiens…).

Nous continuons notre avancée plein sud sur notre N630 toujours plutôt agréable. Nous ne sommes pas en altitude, mais nous observons des groupes de vautours dans le ciel ! Les enfants sont trop contents !

Le lendemain, après une montée de quelques kilomètres, nous enchaînons sur une belle descente. On se couvre car il fait frais tout de même ! On oublierai presque parfois qu’on est en octobre dans cette ambiance estivale. Il y a même des feux de forêts – dont on voit les fumées de très loin – qui sévissent encore à cette saison.

La descente nous mène à Mérida. Nous nous arrêtons aux pieds d’un magnifique aqueduc du 1er siècle très bien conservé, en attendant notre hôte Warmshower ! Il nous accompagne jusqu’à chez lui en nous faisant visiter une partie de la ville. Mérida, comme les autres grosses villes croisées dernièrement, a un centre ville très vert, notamment un beau parc au milieu de la rivière Guadiana (on comprend bien qu’en été, ce type d’endroit en ville doit être indispensable !)

Le soir, notre hôte Juan nous apprend à cuisiner la tortilla et nous passons une chouette soirée à discuter (malgré un p’tit dernier bien excité du fait de dormir dans un vrai lit !)

Le jeudi est une journée encore bien remplie ! De la visite de Mérida jusqu’à chez d’autres Warmshowers 25 kms plus loin.

On avait adoré Caceres, on aime également beaucoup Mérida, même si ce sont deux villes très différentes. À Mérida, on fait (encore) un cours d’histoire aux enfants : sur les romains cette fois-ci ! Temple de Diane, Casa romaine puis Théâtre et Amphithéâtre romain ! Tout ça est superbe !


Après le déjeuner, nous quittons la ville. Nous pédalons jusqu’au barrage de Montijo, qui permet d’irriguer toutes les cultures à l’ouest de la ville par un riche réseau de canaux. C’est Franco qui avait ordonné la création de ces canaux – mais aussi de villages et de fermes à proximité et à intervalles réguliers, pour y installer des petits fermiers. À quelques kilomètres du barrage, c’est dans une de ces anciennes fermes ordonnées par Franco que vivent nos hôtes du jour. Albane et Bartholomé, avec leurs enfants Santiago (4 ans) et Barbara (1 an), forment une jolie petite famille franco-espagnole. Nos enfants sont tellement contents d’avoir des copains, qui plus est qui parlent français ! Nous avions initialement pensé rester une seule nuit chez eux, mais nous nous sentons très bien et nous avons beaucoup à partager, alors nous resterons 2 nuits. La famille se prépare pour un départ imminent d’un voyage à vélo en famille en Italie pour plusieurs semaines.

Ici encore (comme chez notre Warmshowers vers Burgos) c’est l’eau du puit qui coule au robinet et l’eau potable est à aller chercher à la fontaine du village.

Nous passons de superbes moments tous ensemble. Alice joue la nounou avec Barbara, et les 3 autres enfants jouent ensemble.

Nous repartons les yeux cernés des nuits raccourcies par les longues soirées à discuter (en français ou en espagnol !) mais le cœur boosté de ces échanges… et les sacoches pleines de légumes du jardin !

Dimanche matin, on se dit au revoir… Eux en tenue pour aller à la messe, nous en tenue de vélo ! Et nous retrouvons pour les deux jours qui suivent nos canaux de Franco, entourés de vergers d’oliviers ou autres arbres fruitiers.

Le soir au village blanc d’Alcazaba, les locaux nous indiquent une aire de jeux au bout du village pour poser la tente. On est bien installés pour la soirée avec table et point d’eau ; mais toute la troupe est fatiguée, ce n’est pas toujours simple de surfer là dessus et il y a quelques craquages d’enfants…

C’est ensuite (déjà !) le dernier jour de ce passage en Espagne : nous pédalons jusqu’à Badajoz. Nous ne savons pas encore par où nous passerons les prochains jours car cela dépend des possibilités de train vers le Portugal : nous commençons donc par aller prendre les renseignements nécessaires à la gare. On décide alors de prendre le train… le soir-même ! Il est 15h, nous avons encore un peu de temps devant nous avant le départ à 19h. On file faire quelques courses pour le pique-nique du soir au chinois du coin (tous les magasins sont fermés car aujourd’hui c’est un jour férié : c’était la fête nationale hier mais le férié est reporté à ce lundi vu qu’on était dimanche hier ! Sympa, non ?!). Puis on jette un aperçu de la vieille ville depuis le beau pont de Palmas ; nous n’avons pas trop la motivation d’aller plus loin (ça a l’air de grimper !) et une légère casse technique a fini de couper la motivation.

En route pour le train ! Nous allons découvrir la compagnie de train portugaise : vont-ils bien accepter les vélos ?! La suite par là !

Notes diverses de notre passage en Espagne :

  • Il y a des points d’eau partout, c’est super pratique pour se ravitailler ! Par contre, on a eu toutes sortes de goût dedans, allant du chlore à la terre 😅
  • Du côté des enfants, leur curiosité s’est bien développée !
  • Le rythme de l’itinérance est pris maintenant. Mais il peut y avoir encore des choses difficiles : faire caca dans la nature par exemple ! 😅
  • Les enfants se rapprochent. Ils font plus de jeux ensemble et l’entraide augmente.
  • Côté animaux, ils sont ravis : un renard, plein de grenouilles, des vautours et de nombreux rapaces (on a appris à reconnaître les milans, on est fiers !). On a vu plein (mais vraiment plein !) de nids de cigognes mais seulement 2 cigognes, après Mérida.
  • On a découvert les chênes pour le lièges et leurs glands pour les cochons ibériques : les enfants sont des pros pour les reconnaître !
  • L’école sur la route : on tient notre heure quotidienne (sauf le dimanche) mais ça a été un peu galère sur cette période (oppositions, enfant qui se braque…) ! Il m’a fallu prendre du recul et accepter qu’on fera ce qu’on pourra : moins se mettre la pression, pour moins leur mettre la pression. On avait été prévenus par les autres voyageurs que l’école est une des parties les plus difficile du voyage !
  • Nous apprenons chaque jour à connaître un peu mieux nos enfants. Leurs réactions et la cause (la faim est souvent la base de pas mal de problèmes) et les solutions. Mais ce n’est pas toujours de tout repos ! 😉

2 commentaires

  1. Les lieux visités sont magnifiques ! J’ai été étonnée par le fait que certaines hameaux n’aient pas l’eau potable ! (J’en connais un qui aurait bcp de mal avec les notes n°3. C’est notre frein n°1 pour les bivouac… ;-))

    • Oui, finalement cela semble assez courant dans les campagnes de n’avoir que l’accès au puit !
      Notre tips pour les cacas dans la nature, c’est d’aller se prendre un ptit café le matin au premier bar trouvé ! (nos enfant sont relativement bien réglés sur des cacas le matin 😉 )

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