Nous quittons Barcelone le mercredi 26 mars au soir en ferry ; nous arrivons en Sardaigne le lendemain matin. Dès la sortie du bateau, nous montons en selle, impatients de découvrir cette île dont on nous a dit beaucoup de bien ! Après 10 jours sans pédaler, il faut reprendre le rythme. La reprise n’est pas facile physiquement (et mentalement pour Alice), mais on est contents !
La Sardaigne, on a aimé, mais… ça a été une phase de transition après le Maroc que nous avons tellement aimé. Donc pas toujours facile.
Côté temps, on retrouve la pluie : le début et la fin de notre séjour sur l’île sont bien mouillés (l’occasion de tester notre nouvelle tente !) ; entre deux, le soleil joue beaucoup à cache-cache avec les nuages, mais nous évitons les gouttes la plupart du temps.




Sur les routes
Les klaxons et autres encouragements que nous avions au Maroc nous manquent : nous nous rendons compte à quel point ces encouragements nous ont portés et donnés de l’énergie pendant deux mois et demi.
En contre-partie, la circulation sur les routes est plus calmes : nos trois enfants peuvent pédaler régulièrement en autonomie, pour leur plus grand plaisir. La route alterne avec des portions de chemins à travers champs (les vélos en ressortent parfois couverts de gadoue ; ça amuse les enfants et stimule l’entraide entre eux pour gérer le passage), le long de canaux, ou en bord de mer (et même une fois où du beau et gros sable de quartz vient envahir le chemin !).















Nous longeons la côte ouest depuis le nord (Porto Torres) jusqu’au sud (Cagliari), en traversant de beaux dénivelés par endroits (entre Alghero et Bosa, puis sur la pointe sud autour de Chia). Quand ça grimpe fort, Erwan fait quelques kilomètres en vélo (ça permet d’alléger Thomas) et Julia choisi souvent d’être à pied (elle va parfois aussi vite à pied que nous à vélo) : elle a des envies de rando à pied ces temps-ci ! Elle en profite pour aider ou encourager son frère et sa sœur.




Pour éviter un dénivelé annoncé difficile, nous contournons le massif montagneux de la Costa Verde. Lors de ce contournement, nous découvrons de grandes plaines doucement vallonnées.






Plein de nature
Sur les bords de mer, nos pauses déjeuner sont souvent sur la plage. Là, nos enfants oublient tous leurs différends pour passer de longues heures à jouer ensemble dans le sable : construire des choses, inventer des histoires,… Quand arrive l’heure de repartir, cela peut être compliqué de les faire quitter leur bulle de jeu !





Partout sur l’île, nous sommes émerveillés de la richesse de la nature. Tellement de variétés de fleurs, d’arbres, etc. Tous les jours, nous sommes entourés de mille fleurs, de cactus, d’eucalyptus, et de nombreux mimosas sauvages en fleurs. C’est très beau !
Trois couleurs dominent autour de nous : le vert, le jaune et le bleu… Quel joli assemblage !






Nous voyons aussi beaucoup d’oiseaux marins, et notamment des flamants roses, de plus ou moins loin : à l’étang de Cabras vers Oristano, sur l’île de Sant Antioco et à l’arrivée sur Cagliari (là, ils sont très proches mais la circulation vraiment pas cool de nous permet même pas de nous arrêter les observer, sniff !)




Côté « Animaux », en beaucoup moins sympathique, on est aussi souvent embêtés par les moustiques… Heureusement que leurs piqûres parfois nombreuses ne nous démangent pas trop !
Et on voit quelques serpents de loin ; des couleuvres à priori !


On sent que la nature – la faune comme la flore – est riche et diversifiée ici !


Les rencontres
La Sardaigne nous offre certes moins de rencontres que le Maroc, mais quelques-unes resteront dans nos mémoires.
Quelques rencontres rapides de locaux, comme par exemple cette dame dans un supermarché à Cabras : elle nous avait vu devant le magasin et était impressionnée de notre barda. Elle voulait absolument nous offrir quelque chose : une fois à l’intérieur, entendant les filles me demander des Kinder Surprise, elle a sauté sur l’occasion pour leur en acheter, ainsi que d’autres petits chocolats pour nous. Adorable !
Ou cette autre dame, une hollandaise retraitée en Sardaigne pour suivre son mari originaire d’ici, qui a les larmes aux yeux quand on lui parle de notre voyage parce qu’elle trouve ça « tellement merveilleux » dit-elle 😅 (tiens, c’est encore devant un supermarché d’ailleurs !).
Dans les rencontres des insulaires sardes, nous nous souviendrons particulièrement de Luciano. Nous arrivons ce soir là dans un village où une superbe aire de jeux nous parait parfaite pour bivouaquer. Alors que nous montons la tente à la tombée du jour, Luciano passe par là. Il est attiré par le français qu’il entend : il est sarde mais a vécu 41 ans à Grenoble, il est de retour dans son pays pour sa retraite. Il nous alerte sur le fait que d’autres cyclos se sont fait déloger la nuit par la police dans le passé. On discute et de fil en aiguille, il nous propose de venir chez lui. On accepte ! Il a un rez-de-chaussée qu’il est en train d’aménager : un petit appart pour nous ! Sa maison et son jardin, il les appelle son « petit paradis » et… c’est vrai qu’on y est bien ! Nous partageons dîner et petit-déjeuner, ainsi qu’un moment de sa passion : le karaoké. Et on repart avec un délicieux pot de confiture d’oranges de son jardin. Au lendemain matin, il pédale les premiers kilomètres avec nous et nous fait découvrir les asperges sauvages. Un délice qu’on cuisine au déjeuner !








Bref, une très belle rencontre ! Un moment partagé pour lequel il nous remercie plusieurs fois : je crois que nous accueillir lui a fait autant plaisir qu’à nous, d’être accueilli.
Côté rencontres de voyageurs cette fois, il y a cette famille de cyclo avec qui on est en contact à distance depuis un moment et qui fait 110km (ils sont en partie électrifiés) pour nous rejoindre pour une journée de repos en camping ! Leurs enfants (des jumelles de 11 ans et une dernière de 5 ans) et les nôtres s’entendent super bien – et les parents aussi 😁. Ça fait du bien de rencontrer d’autres familles cyclo !




Nous gardons également en mémoire un spot bivouac incroyable (pour sa vue sur mer et le chouette moment qu’on y a vécu) après Alghero. On y arrive presque par hasard, à la nuit tombante après une grosse journée. On y rencontre deux familles en van : une famille allemande (en vacances) et une famille française (qui voyage depuis 4 ans). On y improvise une journée de repos car on y est bien. Les enfants adorent : ils jouent, courent, chassent les lézards, jouent à la plage,… avec les autres enfants. Pour les adultes, les soirées entre voyageurs autour du feu de camp sont supers chouettes.
Et on reparle souvent en rigolant de ce retour à la tente le deuxième soir où l’on découvre qu’un petit sanglier a visité nos sacs de nourriture… Et le voilà qui revient peu après notre coucher pour essayer de se servir lui-même dans la carriole, qu’il arrive à ouvrir du bout de son groin !





Côtés spot dodo…
C’est varié !
- Nous posons parfois la tente en camping (mais ils sont chers !) ; une fois dans un agriturismo (camping à la ferme) avec âne, chevaux, chèvres et chevreaux, ainsi qu’un jeune poulain : nos enfants sont aux anges !




- Deux nuits « en dur » (un gîte à Oristano et un appartement à Cagliari) : à chaque fois pour s’abriter d’une tempête annoncée / alerte orange météo.


- Et pas mal de bivouacs : quelques parkings park4night – et on a essayé une fois une aire de camping-car mais on s’est fait refusé. De meilleurs souvenirs dans deux aires de pique-nique supers et puis d’autres bivouacs en nature aussi.




Toujours aussi motivés ?
En Sardaigne, pas toujours ! Comme je le disais plus haut, il nous a fallu un temps pour se réadapter à l’Europe, après le Maroc. Certains départs de journée sont parfois un peu compliqués à gérer. L’énergie, la motivation ne sont pas trop là parfois et … bah, ça clash.
Comme par exemple après la journée de pause dans le super spot bivouac vue sur mer où l’on rencontre des voyageurs (cf ci-dessus). Les enfants sont fatigués (les adultes un peu aussi), ils voudraient continuer de profiter avec les copains (qui eux-même repartent de toute façon) ; les parents sont un peu pressants car il nous faut absolument arriver ce soir à Bosa pour… acheter à manger, les réserves étant au plus bas (au moins, on est plus légers pour les côtes !😅). Nous voilà parti pour 36 kms (et surtout 600m de dénivelé +)… Les premiers kilomètres sont électriques, le dénivelé un peu corsé et la chaleur bien présente en milieu de journée… mais l’ambiance se détend à mesure que les kilomètres avancent et… finalement on le fait !











D’autres matins ont pu être difficiles, mais pédaler permet à chaque fois de passer à autre chose.
Ces difficultés ont l’avantage de nous faire nous questionner pour réadapter certaines choses dans notre voyage. Par exemple, la participation des enfants dans notre quotidien et notre logistique.
Nous réalisons qu’au départ du voyage, nous les avons plutôt laissé jouer, laissé tranquille question participation au quotidien (installation et rangement du campement, etc). En se disant que ça viendrait peut-être d’eux, et puis que ce voyage est notre choix ; de plus, il faut l’avouer, la dépense d’énergie pour les faire participer est importante dans un quotidien avec une logistique déjà bien énergivore. Mais pendant cette période en Sardaigne, on réalise qu’ils ne participent toujours pas plus (ok, ils jouent tranquillement tous les 3 et se disputent moins) ou plutôt il participent de moins en moins et laissent de plus en plus trainer leurs affaires. Ce coup dur nous a permis de remettre les points sur les « i » sur tout ça et se mettre d’accord sur des missions claires, un « minimum syndical » pour chacun.
Bref, le genre de problème de la vie de parents, qu’on voyage ou non, n’est-ce pas ? 😉
Découverte culturelle
Pédaler en Sardaigne, c’est en soi une visite dans l’histoire, avec les Nuraghes (des tours préhistoriques !) un peu partout dans le paysage.





À Cagliari (après une arrivée pas simple jusqu’à la ville), nous louons un appartement au sommet de la colline (ouch, c’est raide la montée !) / au milieu des anciennes murailles du château. Cela nous permet de découvrir cette vieille ville et son musée d’archéologie sarde. On apprécie Cagliari : les petites ruelles du château, la présence de marques de l’Histoire au milieu de la ville moderne, sa rue piétonne pleine de petits restaurants, bar et boutiques,… Une bonne façon de terminer la Sardaigne !














Côté tourisme, la côte ouest reste assez sauvage et c’est bien agréable. C’est uniquement dans le sud, vers Pula, que nous traversons une station balnéaire, plutôt vide à cette saison (heureusement pour nous, j’imagine). On réalise que la Sardaigne doit être très différente en temps estival, avec beaucoup plus de monde partout !


Entre deux zones naturelles, nous avons traversé quelques villes sympathiques :
Alghero :




Bosa :



Pour clore le chapitre « culturel », il ne faut pas oublier… la bonne bouffe ! Quand on voyage au long cours, on mange surtout au réchaud. Mais nous adorons en Sardaigne les bons fromages sardes, la charcuterie (nous qui n’en mangeons quasiment pas d’habitude !) et mêmes de « simples » pâtes ! Nous avons quand même dégusté deux fois de super bonnes pizzas locales : un régal !
Ciao Sardegna !
La Sardaigne se termine un peu comme elle l’avait commencé : sous la pluie et le froid, et avec un ferry.

Pour résumer, on aura eu… du beau, du joyeux, mais aussi des galères (comme cette rustine qu’on doit refaire 4 fois de suite avant qu’elle ne tienne !), des coups-de-gueule et des coups-de-cœurs ! Ce ne sera pas la partie la plus mémorable de notre voyage (peut-être qu’on nous l’avait « sur-vendue », peut-être que ça n’est pas tombé au meilleur moment du voyage pour en profiter pleinement ?). Mais ce qui est sûr, c’est qu’on on a avancé dans le voyage… comme dans nos têtes !


C’était bien, quand même.
Alors si vous avez envie d’aller y pédaler, allez-y !
(Et racontez-nous votre expérience !😉)


