Nous avons décidé de quitter l’Espagne le 13 octobre (mais ce n’est qu’un au revoir !) en prenant le train à Badajoz, vers l’intérieur des terres portugaises, vers Entroncamento.

C’est un mini train d’un seul compartiment ! On joue à Tétris pour prendre le moins de place possible avec nos vélos et nos sacoches. Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir un contrôleur adorable : il nous aide à nous installer, puis nous fait payer les tickets uniquement pour les adultes « en guise de bienvenue dans le pays ». A 19h30, le train démarre ; nous passons la frontière quelques kilomètres plus loin, à l’instant même où le soleil disparaît derrière l’horizon…

« Oh, nos téléphones ont changé d’heure ! »

Oups, nous n’avions pas fait attention qu’il y avait une heure de moins au Portugal ! C’est alors qu’on réalise que notre arrivée à la gare de Vila Nova da Barquinha, que nous trouvions déjà relativement tardive à 21h30 (heure locale, donc)… est en fait à 22h30, heure espagnole ! 😱 Cela fait une heure de train en plus, et un bivouac à installer à une heure avancée de la soirée. Heureusement, les enfants sont motivés par ce nouveau pays et donc d’humeur conciliante ; de plus, nous avons repéré une aire de camping-car à deux pas de la gare, où nous pouvons nous poser sans problème. Bref, au final, tout se passe bien ! Nous battons même notre record de sortie du train avec un chronomètre qui indique 2 min 00 quand vélos, sacoches et enfants sont déposés sur le quai (avec l’aide du contrôleur encore une fois) !

Nous allons ensuite rouler 4 jours le long du Tage jusqu’aux abords de Lisbonne. Nous avons choisi ce tracé pour son plat et l’assurance d’arriver à l’heure à Colares, pour retrouver les grands-parents qui viennent nous voir pour une semaine. L’objectif de timing d’arrivée sera réussi ; pour le plat, c’est relatif ! Sur ces premiers jours au Portugal, nous découvrons ce que les enfants vont appeler « les côtes à la Portuguaise » : les dénivelés positifs au Portugal peuvent être parfois – sur une courte durée – avec des pentes à plus de 10% ! Une horreur pour nous, vu notre chargement ! La montée à Santarém était une de celle-ci, sous un soleil de plomb et durait un bon kilomètre. Ça a été la pire de tout le Portugal !

Bref, nous voulions être sûr d’arriver à l’heure mais nous n’avions pas réalisé que cela était au détriment des paysages et des routes. Si c’était à refaire, nous passerions par autre part, c’est sûr !

Nous sommes entourés au départ par des petits champs (un peu d’oliviers, quelques zones de vignes et autres cultures mais aussi beaucoup de maïs), puis peu à peu l’agriculture devient de plus en plus intensives et les zones industrielles de plus en plus grosses. Il n’y a pas beaucoup d’autres routes possibles une fois dans cette vallée, nous avons donc certains passages sur la nationale N3, où il y a pas mal de circulation. C’est stressant, cet environnement urbain ou d’agriculture intensive mine notre moral, les tensions se font plus fréquentes, pour les adultes comme pour les enfants. Erwan réclame à pédaler sur son vélo, mais ne peut que très rarement vu les routes.

Cerise sur le gâteau, nous arrivons dans cette zone avec pas mal de sommeil en retard. Nous avons enchaîné les nuits trop courtes avec les Warmshowers vers Mérida, le train tardif du début de semaine, et certaines nuits un peu mauvaises sous la tente. Même la pause de 2 nuits en camping à Vila Franca de Xira n’est pas reposante : nous avons vue sur des champs et des usines, et nous entendons jour et nuit l’autoroute qui passe en contrebas…

Bref, fatigue + routes passantes + nature pas très « nature » = un cocktail « détonnant » pour notre famille de cyclo en voyage !

Bon, tout n’était pas mauvais non plus !

  • Nous avons encore vu quelques rapaces, notamment dans les vignes avant Santarém, et maintenant nous reconnaissons bien les milans !
  • Il fait nuit tôt avec le décalage horaire au Portugal, on mange à la frontale de plus en plus souvent : c’est l’occasion de regarder les étoiles avec les enfants avant d’aller au lit !
  • Nous avons pu glaner des légumes dans les champs ramassés : courges butternut et surtout tomates par kilos vers Azambuja (des tomates dures par contre : il y a une grosse usine de tomates en boîte par ici !)
  • Quelques rencontres, même si elles ne sont pas très nombreuses : les gens qui nous ont aidé pour trouver les bivouacs, ou un portugais qui a grandi en France mais expatrié pour la retraite, qui avait besoin de parler (c’est fou comme les gens nous racontent leur vie parfois, se livrent sans nous connaître).


Le soir de la plus mauvaise des journées, notre Julia nous a fait sourire par son éternelle positiv’ attitude : « tout n’est pas mauvaise dans cette journée : on a vu plein de cigognes et c’est la première fois du voyage qu’on en voit autant !! 🥰 » Ah oui, c’est vrai, on a vu des dizaines de cigognes qui nichaient… sur les toits des usines le long de la nationale !

Côté bivouac, nous avons eu :

  • Le terrain de foot de Vale de Figueira : guidé par un monsieur qui est ensuite allé demander pour nous l’accord à Mr le Maire (Mr le Maire qui est ensuite venu pendant que nous dinions pour vérifier que nous n’avions besoin de rien).
  • Une belle aire de pique-nique avec un bloc sanitaire (un ancien camping ?) à Valada : très agréable (si on oublie les chatons qui ont joué avec notre tente et le coup de griffe dans la toile extérieure 😅).
  • A nouveau un terrain de foot, à A-Dos-Caos, trouvé avec l’aide de papis et mamies du village très sympas.

Pour le 100ème jour de notre voyage, le dimanche 19 octobre, nous partons en direction Sud-Ouest jusqu’à la mer, pour retrouver les grands-parents à Caceres. Nous retrouvons des routes plus petites et une nature plus authentique. Le soleil se couvre également, mais peu importe !

Nous passons une semaine dans une superbe maison de location, avec piscine et pas très loin de la plage. Même si le ciel reste couvert toute la semaine, nous profitons pleinement de ces retrouvailles. Nous nous baignons à la plage (un peu), et dans la piscine (tous les jours, même si elle n’est pas chauffée !). Les filles étudient avec leur Manou (institutrice à la retraite).

Luxe non négligeable, nous dormons dans de vrais bons lits. Alice a même sa chambre pour elle toute seule ! On remet tous nos compteurs de sommeil à zéro.

Nous faisons également un grand nettoyage et rangement des sacoches et des vélos. L’occasion de tout trier et faire revenir vers la France des choses que nous voudrions garder.

Un peu de tourisme également, vu que nous sommes tout près de Sintra et ses beaux palais.

Dimanche 26 octobre, nous quittons mes parents avec un petit pincement au coeur après cette chouette semaine. Nous pédalons ce jour-là, mais pas très loin, car le voyage ne reprend pas encore tout à fait. Nous avons rendez-vous ce soir à Lisbonne où une amie d’amie nous accueille pour quelques jours. Afin d’éviter d’avoir à affronter à nouveau la périphérie de la capitale, nous allons prendre le train à Sintra. La montée à Sintra (qui est sur une colline) est un peu corsée, mais finalement moins difficile que ce que nous aurions imaginé. Une heure plus tard nous sommes à l’entrée de Lisbonne, où une piste cyclable le long du Tage nous mène jusqu’à chez notre amie.

Nous passons là 3 jours très agréable. Marie et sa fille Amélia nous font découvrir les spécialités culinaires portugaises. Les enfants sont heureux d’avoir une amie pour quelques jours, de faire plein de jeux de société. Nous faisons un peu de tourisme, en ville et au fameux l’Océarium de Lisbonne. Nous étions venus en couple le temps d’un week-end il y a 16 ans (du temps où nous prenions encore l’avion !) et nous nous amusons à retrouver les lieux des photos prises à l’époque.

Après 10 jours de pause, nous nous remettons en selle le jeudi 30 octobre. On retrouve l’Eurovélo 1 pour la 4ème fois du voyage. C’est reparti !

Reparti ? Mmh… Physiquement oui, mais mentalement… c’est pas sûr ! On vous raconte ça par là !

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