Le jeudi 30 octobre, nous quittons Lisbonne. Ces 10 jours de repos nous auront-ils permis de retrouver toute notre motivation et notre énergie, après des débuts pas géniaux au Portugal ? Nous verrons !

Nous traversons le Tage avec un bateau-bus puis enchaînons sur 20kms pas agréables (ah ! les entrées et sorties de capitales…), pour retrouver en fin de journée de jolies routes entre les dunes, avec pins et chêne-liège tout autour de nous. Nous sommes heureux de ce retour dans la nature !

Nous longeons la côte, qui est vallonnée avec quelques belles montées et descentes (parfois des dénivelés à 8-9%).

Fidèle aux jours précédents, le temps est plutôt automnal… Les pantalons et vestes de pluie sont parfois de sortie. Les pastellarias (cafés qui servent des pâtisseries portuguaises 🧁) nous permettent de nous abriter au chaud, pour le bonheur de nos papilles !

Avec le passage à l’heure d’hiver et le décalage horaire au Portugal, les journées sont courtes ! Il nous faut souvent trouver un spot bivouac à la nuit tombante, et monter la tente à la frontale (en même temps, on pourrait presque la monter les yeux fermés maintenant !). On gardera notamment en mémoire le soir d’Halloween où nous atteignons un col à l’heure où se couche le soleil, puis des 6kms de descente tellement forte qu’on a mal aux mains à force de serrer sur les freins (sur une route mouillée, qui plus est !). Au village en contrebas, on trouve heureusement vite un vieux terrain de foot qui nous fait un lieu parfait pour la nuit. Les enfants sont tristes de ne pas pouvoir fêter Halloween comme les copains et nous ont parlé de ça toute la journée… Nous n’avons pas de déguisement et le village avait l’air plutôt vide en cette saison… Qu’à cela ne tienne, nous pouvons organiser une petite fête pour nous-même ! Maquillage au feutre par Maman, dîner en mode « maison hantée » préparé par Papa, bonbons (apportés par les grands-parents à Lisbonne) en dessert : et zou!, le tour est joué ! Je pense que les enfants se souviendront de leur 31 octobre 2025 ! C’était chouette !

Le lendemain, une éclaircie nous permet de profiter de jolis points de vue.
A Setubal (prononcez Stubal), après une superbe exposition sur les dauphins à l’office du tourisme, nous prenons un bateau pour traverser l’estuaire vers la presqu’île de la Troia, jolie bande de sable. Au mignon village de Comporta, le lendemain matin, nous pouvons observer de près de nombreuses cigognes. Elles nichent là pour l’hiver : dans les marais environnants, il y a plein à manger pour elles !

De l’autre côté de cet estuaire, les routes sont devenue « juste » vallonnées, sans grand dénivelé. On avance bien. Pour aider à avaler les kilomètres, les enfants écoutent parfois des podcasts ( 🏆 palme d’or du podcast décerné à Bestioles pour les filles et Tout doux mon doudou pour Erwan – merci Radio France). Et parfois, les filles jouent à se transformer en « podcast sur roues » et elles nous racontent des histoires qu’elles inventent, c’est rigolo et ça fait bien passer le temps (Julia m’a notamment raconté les premières semaine de notre voyage à vélo : c’était très chouette de voir ce qui l’a marqué, ce dont elle se souvient)

On a globalement des petites routes. Parfois, pas d’autres choix que des chemins en terre, assez vite sablonneux. Dans ce cas, on avance moins vite, c’est plus fatiguant mais sans voiture autour de nous, c’est agréable ; et ça permet à Erwan de pédaler en autonomie, c’est parfait car il est de plus en plus en demande !

Une journée de repos au camping à côté de la lagune de Santo André (belle réserve naturelle riche en volatils en tous genres) nous offre un magnifique coucher de soleil à mi-chemin entre lagune et océan.

Un peu plus loin, on approche de la ville de Sines : nous nous souviendrons de notre passage ici ! Nous sommes au nord de la ville, c’est le soir (enfin, vers 17h, vu que le coucher de soleil est à 17h30…), on cherche un endroit pour bivouaquer. On sait qu’il ne faut pas trop avancer : ensuite c’est la zone industrielle, puis la ville. On passe devant un centre équestre : quand nous voyons quelqu’un, nous lui demandons si nous pouvons poser la tente dans les environs, les champs à proximité. La réponse est très spontanée : « Oh my god ! Sleeping with the tent, here ?!! » Passé l’étonnement et quelques explications, il nous invite à passer la nuit dans l’espace du centre équestre. Alors que nous commençons à poser la tente, à la nuit quasiment tombée, Antonio (notre hôte) revient : « j’ai une maison où je range les affaires des chevaux, ça vous dirait ? » (en anglais) Oh que oui ! On repli la tente qu’on avait commencé à installer, on se dirige vers cette maison. Il revient à nouveau. « Désolé, j’ai discuté avec mon ami : avec l’orage prévu cette nuit, on se dit que vous serez mieux dans une caravane qu’on a plus loin à 2 minutes d’ici. Et si le temps est trop mauvais, vous ne serez pas pressés, vous pouvez y rester 2 nuits si besoin » 🥹 Après 200m de chemin sablonneux de nuit, éclairés par nos frontales, on découvre le portail du lieu, qu’Antonio nous ouvre : un bel espace fermé, avec eau potable courante et l’électricité ainsi que deux poulains et une jument ! Les enfants sont aux anges ! On s’installe dans la caravane qu’il nous ouvre. C’est un peu la bataille pour savoir qui dort où, mais on fini par trouver à peu près consensus.

En fin de nuit, il y a comme prévu un gros orage (et encore une fois, Erwan a à peine ouvert un œil). Au réveil, on regarde les prévisions météo : il annoncent maintenant du vent fort toute la journée, avec des pointes jusqu’à 70kms/h. On saute sur la proposition de notre hôte de rester une deuxième nuit ! On passe la journée au ralenti, entre école, activités sur place (caresses aux chevaux, ballon, peinture, lecture, quelques vidéos de « la cabanes à histoires » aussi…) et une éclaircie nous permet même de faire une promenade à la plage à quelques dizaines de mètres de là. Énormes vagues au rendez-vous ! Les filles qui demandaient à se baigner ont vite compris pourquoi on leur disait non.

Le lendemain, Antonio arrive pour nous dire au revoir. Quelques secondes après, on aperçoit un beau perroquet bleu qui se dirige vers nous et qui vient… se poser sur l’épaule de Thomas ! C’est l’ara d’Antonio ! Quel joli moment ! Bref, c’était chouette, on avait un superbe lieu, on a eu beaucoup de chance.

Mais… Il y a un « mais »… Oui, depuis qu’on est reparti de Lisbonne, il manque un petit quelque chose… Malgré les jours de pause, on sent bien que la motivation n’est plus la même. L’énergie moins forte. Des questionnements sur le sens de notre voyage aussi. Du côté des enfants, on trouve qu’ils s’énervent pour une broutille. Erwan, du haut de ses 4 ans et demi, teste les limites et se frotte parfois à la limite de notre patience aussi… L’école, après une semaine de pause (on a autorisé une semaine des vacances scolaires françaises) est un peu difficile ; c’est plus difficile de se remettre dans le rythme, maintenir la concentration pour Julia.

On a du mal à comprendre pourquoi…
La réponse viendra quelques jours plus tard, alors que déjà la motivation sera en train de remonter, notamment grâce aux magnifiques paysages de falaises de la côte Vicentine, après ce passage à Sines. Ce sont des échanges avec une amie qui nous donneront la réponse : nous sommes au 4ème mois du voyage, phase habituelle de questionnement, où les émerveillements des débuts du voyage sont passés. Des p’tits graphes raconteront ça mieux que plein de mots !

Nous n’avions jamais entendu parlé de ça, même à travers de nombreuses lectures de voyageurs. Alors on a envie de le partager : si vous aussi, vous entreprenez (en ce moment ou dans le futur) un long voyage, gardez ça en tête ! Je suis sûre que ça vous parlera le moment venu.

Bref, on repart de cette caravane après un jour de pause, se sentant reposés mais pas à fond.

Quelques kilomètres plus loin, après la traversée de la zone industrielle pétrochimique de Sines, on retrouve l’émerveillement : la côte est rocheuse, la mer d’un bleu éclatant, et d’énormes vagues viennent s’écraser contre les rochers, sous un grand soleil. C’est beau !

A la sortie de la ville, juste après la sortie du port pétrolier, on traverse une zone naturelle : bizarre mélange de genre, non ? Et un peu plus loin, à Porto Covo, joli village bleu et blanc, commence la côte Vicentine.

Nous allons pédaler 5 jours dans le Parc Naturel du Sud-Ouest Alentejano. De magnifiques falaises avec de belles vagues qui viennent s’écraser contre les rochers, parfois en s’élevant à plusieurs mètres de hauteur. En journée, nous pédalons sur des chemins : cailloux, sable dur, voire même courts passages sur du sable mou. C’est assez technique et physique, mais Alice (qui pédale seule) gère super bien. Le dernier jour – sur un chemin très caillouteux plein de montées et descentes toute la journée – lui demande un peu plus de patience et de dépassement, mais elle fait preuve de beaucoup de courage et de force. Sur la route, nous avons parfois des grosses « côtes à la portugaise » comme les ont renommées les enfants (ces courtes côtes mais à dénivelé bien trop fort pour nos vélos lourdement chargés) : ils faut descendre de vélo et pousser, voire se relayer pour pousser à deux un vélo, puis redescendre chercher l’autre vélo.

Ça ne donne pas très envie énumérés comme ça, non ? Et pourtant, nous gardons de superbes souvenirs de cette partie du Portugal : les paysages sont magnifiques, les bivouacs somptueux, avec des couchers de soleil de milles couleurs.


Les villages blancs aux fenêtres entourées de bleu ou de jaune sont superbes, avec des noms qui font voyager rien qu’à leur nom : Vila Nova de Milfontes, Almograve, Zambujeira, Odeceixe en Alentejo ; puis Aljezur (village perché avec un château en haut d’une pente trèèèès raide) jusqu’à Carrapateira en Algarve.

Le long de cette côte Vicentine, nous croisons de nombreux marcheurs et notamment Lily, une québécoise rigolote que nous recroisons deux fois et avec qui le contacte passe super bien pour les enfants. D’autres rencontres aussi furtives, des français en vacances, une couple de portuguais qui a voyagé 7 ans à vélo avec leur fils, des français expatriés ici pour leur retraite (dans une aire communautaire d’un village, on les repère vite car ils jouent à la pétanque !), etc.

Les furtifs passages de la voie cyclable dans l’intérieur des terres, nous offrent un environnement un différent : de grandes zones maraichères, où l’on croise parfois des cars qui viennent déposer les ouvriers (souvent d’origine indienne). Mais cela ne dure jamais trop longtemps. Et c’est l’occasion de glaner des patates douces, une spécialité du coin : ici elles sont blanches mais tout aussi délicieuses que les oranges dont nous avons l’habitude.

Les kilomètres défilent, jour après jour, avec l’envie retrouvée pour toute la famille.

Le temps est beau, mais se dégrade les derniers jours. Nous arrivons à Carrapateira pour une journée de repos pile au moment où la pluie et le vent deviennent plus forts. N’ayant pas de camping à proximité, nous louons un petit appartement AirBNB. Nous y sommes super bien ; tellement qu’on y reste une deuxième journée. Maria, notre hôte nous offre biscuits, fruits, oeufs de son poulailler, légumes de son potager, nous fait notre lessive. Un appartement, c’est le luxe de pouvoir jouer dans le bain pour les enfants et de pouvoir cuisiner pour les adultes. C’est aussi avoir un vrai lit !

Nous fêtons là nos 4 mois de voyage avec 2500kms à la force de nos mollets ! Ce n’est pas un quotidien facile, mais nous ne regrettons pas notre aventure ! Nous vivons de belles choses en famille et découvrons de superbes paysages. Nous avons fait moins de rencontres qu’espéré jusque là (le fait d’être en famille peut-être ?), mais cela va changer dans les semaines à venir !

Un commentaire

  1. Allez allez !!
    tous vent debout….
    qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! …..

    Maintenant que vos enfants racontent bien votre aventure en famille… ils pourraient nous faire quelques petits dessins…..

    courage à tous, et grosses bises aux enfants 🥰😍🤩

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