Nous quittons Gythio, petit port du Péloponnèse le mercredi 29 avril par le ferry de fin d’après-midi. La mer est plate comme jamais ! Deux arrêts sur des îles offrent aux enfants d’observer encore et encore le spectacle de mise et retrait des amarres qu’ils apprécient tant (surtout Erwan pour qui c’est d’ailleurs devenu son jeu favori dans le quotidien !😆)
Après 6h30 de traversée, que lecture et dessins font passer un peu plus vite, nous posons le pied (ou plutôt les roues) à 23h15, sous les yeux mi-surpris mi-inquiets du personnel à quai. Mais nous n’allons pas bien loin à cette heure avancée ! Nous avons repéré un spot à 1km de là, entre mer et aire de jeux. Nos enfants sont briefés et sur-motivés, chacun a sa mission bien définie pour monter le campement au plus vite ; et ainsi, à minuit 00, les enfants sont couchés et s’endorment : belle performance !







Au réveil, la vue de la tente est encore plus belle qu’on l’avait imaginée. On traine un peu après cette nuit raccourcie ; on arrive tout de même à faire notre cession d’école quotidienne, puis une baignade rafraîchissante nous aide à nous mettre en route.




En Crète, nous passons une semaine. Nous pédalons de Kissamos (notre port d’arrivée) à Heraklion (enfin pas du 100% vélo, suite à un imprévu… je vous raconte ça plus bas !). Pour tout vous dire, ce passage en Crète n’était pas prévu dans les plans de départ : il s’est dessiné dans nos têtes 1 ou 2 semaines plus tôt, quand nous avons réalisé que, depuis Athènes, aucun ferry n’est direct vers la Turquie (l’unique traversée directe est à partir de Thessalonique, bien plus loin pour nous). Nous avons alors décidé de suivre ce parcours, avec 3 ferries : Gythio / Crète / Rhodes afin d’arriver en Turquie, à Fetihye.
La Crète est connue pour ses images de cartes postales, avec ses plages de sable fin et ses eaux cristallines. Eh bien, oui, c’est pour de vrai ! Nous adorons cette eau tellement belle (elle l’était déjà dans le Péloponnèse, mais elle l’est peut-être encore plus ici !). Nous profitons de chouettes baignades dans la mer.
Mais ça, c’est surtout les deux premiers jours ! Car la Crète nous montre ensuite un autre visage, bien plus venteux et gris. Sur les 7 jours passés sur l’île, 4 sont soit gris, soit franchement pluvieux et venteux. Nous avons quand même moins de pluie qu’annoncé (les prévisions météo se trompent souvent ici : on l’a constaté et les locaux nous l’ont confirmé), mais les températures ont quand même franchement baissées : les filles sortent même parfois leurs gants… On ne pensait pas s’en servir en Crète ! Ce temps frais et nuageux n’incite pas à la flânerie et alors on file sur les routes – petites ou grandes selon les moments – et les kilomètres s’enchainent.
Dommage pour les paysages « carte postale » mais tout de même, c’est beau aussi une mer dans la tempête ! Les vagues du bord de mer sont parfois impressionnantes.




Une fois les nuages disparus, on découvre que les pluies ont donné de la neige sur les sommets, qui sont maintenant recouverts d’un manteau blanc : c’est magnifique !




Autre facette de la Crète (qu’on n’avait pas anticipé !)… le tourisme de masse. Sur le front de mer précédent la ville de la Canée, nous pédalons entourés d’une suite ininterrompue d’hôtels (plus ou moins de luxueux), de restaurants, de magasins de souvenirs, etc sur plusieurs kilomètres… On ne sait plus où donner de la tête dans cet environnement hyper stimulant pour les yeux, c’est très fatiguant.
On arrive ensuite à la vieille ville. Elle est jolie, mais encore une fois, il y a trop de monde pour nous… (même si ça ne se voit pas forcément sur les photos !)





Topo similaire quelques jours plus tard à Rethymnon. Cette fois-ci, je (Estelle) vais visiter seule la vieille ville, les enfants s’étant fait des copains (slovaques) au camping, et n’avaient donc pas du tout envie de partir visiter. Ce petit temps de tourisme sans enfant est bien agréable, c’est rare dans une année de voyage en famille ! Mais encore une fois, si la vieille ville est jolie, les magasins de souvenirs cachent bien trop souvent les jolies maisons vénitiennes avec leurs stores. Quel dommage !














Malgré une île très touristique, cela ne retire pas aux locaux (ou en tout cas, pas à tous) leur tradition de l’accueil. Nous faisons quelques chouettes rencontres, on nous offre des bouteilles d’eau, ou même à Héraklion dans une aire de jeux pour enfants, un homme nous offre une boite remplie d’un plat typique d’ici, escargots au boulgour, avec des oranges. Les escargots, les enfants hurlent que « c’est dégeu!! », mais refusent de goûter : nous, on trouve que ce plat a très bon goût !

Autre surprise chouette sur cette île, malgré le tourisme, les crétois sont très détendus sur la notion de bivouaquer, cela ne pose en général aucun problème. Nous avons quelques beaux bivouac, souvent face à la mer. On passe deux nuits en camping (qui fait partie des rares campings de l’île d’ailleurs) mais qui n’est pas d’une grande qualité d’installation !




Sur les routes, les locaux nous disent plusieurs fois de faire très attention : « entre les touristes qui regardent le paysage et les crétois qui se prennent pour des pilotes de courses, c’est dangereux ! » 😅 En vrai, nous, on trouve que ça va ! Mais l’impression du danger depuis nos vélos n’est pas la même que depuis une voiture, en fait.
Nous prenons quelques nationales pas très intéressantes, mais elles ont toujours une belle bande sur le côté pour pédaler ; bien sûr, nous préférons dès que nous pouvons trouver des petites routes, c’est vraiment plus agréable.
Si nous avions un regret sur ce trajet en Crète, ça serait à propos des routes justement : nous passons trop de temps sur des routes passantes, notamment sur leur (unique) route nationale (« highway » l’appellent-t-ils, mais ce n’est clairement pas une autoroute !). Nous avions vu la Crète « juste » comme un passage vers la Turquie, alors nous avions tracé le chemin le plus court. Et puis c’est vrai qu’il n’est pas facile d’étudier tous les coins, les routes, etc quand on voyage au long cours, car cela prend beaucoup de temps, alors forcément, on fait des « erreurs » !
Cela nous a bien rappelé qu’en vélo, le plus court ne rime souvent pas avec le plus sympa ! Les nationales, ça relie rapidement un point A à un point B, mais c’est bruyant, on ne peut pas discuter en roulant, ni s’arrêter quand on veut, voire c’est parfois stressant. Allez, tout ça a eu au moins le mérite de nous faire avancer vite pour garder du temps pour la suite.

Malgré ce point négatif, nous avons de beaux points de vue quand même ! Quelques belles portions de routes, souvent accompagnées de dénivelés, entre deux portions plates.







En Crète comme dans le Péloponnèse, les champs d’oliviers recouvrent souvent les collines. Nous visitons avec plaisir une petite fabrique d’huile d’olive. La dame nous présente les anciennes techniques de production d’huile d’olive : tiens, les mêmes que celles qu’on a vu utilisées au Maroc ! Les méthodes modernes sont nettement plus facile : en une journée, ils peuvent produire des centaines de litres !





Après quelques jours en Crète, nous attendons avec impatience le trajet entre Rethymnon et Héraklion car un beau passage montagneux nous attend. Mais rien ne se passe comme prévu…
La journée commence bien, nous sommes prêts pour une belle journée avec un col à grimper doucement sur 25km. Mais au bout de quelques kilomètres, le dérailleur de Thomas (oui ENCORE !!!) en décide autrement… Plus exactement la patte de dérailleur : vous savez, la petite pièce qu’on a changé 3 semaines plus tôt et qui nous a bloqué 3 jours à Kalamata en attendant la livraison ! Oui, c’est celle-là qui a volé en morceaux, une nouvelle fois… 😡 La faute à un dérailleur mal réglé/tordu selon Thomas.




Une réparation de fortune nous permet d’arriver jusqu’au village suivant (mais pas plus !). Après avoir rempli les estomacs de tout le monde, on décide d’essayer le stop à chaque pick-up qui passe, pour aller vers Heraklion. Une chance pour nous : la Crète est un pays de pick-up ; mais Heraklion est encore loin et nous sommes imposants avec tout notre matériel. Entre-temps, on passe quelques coups de fil et on trouve à la ville un magasin de vélo qui a la bonne pièce : incroyable ! La chance nous a pas complètement lâchée !
Après environ 30min d’essai, notre sauveur (il s’appelle Adonis) passe ! Il est ok pour nous amener tous en haut du col, à 25km de là. 😍 Une fois tout le matériel monté dans le pick-up… il est plein à craquer ! On se met où, nous ? Adonis essaie d’arrêter quelques connaissances qui passent par là, passe des coups de fil… il nous fait comprendre qu’il gère (oui, ici les gens parlent peu anglais alors la communication est limitée, ou avec Google translate). Au final, c’est sa belle-mère qui arrive en voiture (infirmière libérale qui venait de finir sa tournée) pour nous monter, les enfants et moi, pendant que Thomas monte avec Adonis.
La route est splendide, on est un peu dégoutés de ne pas la faire en vélo. Enfin, « on » c’est les adultes ; les enfants, eux, sont trop contents de cette montée « facile » ! 😉 On est ému de la gentillesse désintéressée d’Adonis et sa belle-mère qui prennent une bonne partie de leur après-midi pour nous aider.




On descend ensuite 8 km sans toucher aux pédales. Mais il faut encore 7 kilomètres de (plus ou moins) plat où Thomas ne peut pas pédaler : on accroche la corde de traction entre son vélo et le mien, et je le tracte. C’est lourd !! 😥 Je suis soulagée quand on arrive au magasin de vélo !





Nous voilà déjà arrivés au bout de notre périple crétois. Nous profitons d’une journée de tourisme avant de repartir. Les enfants adoooorent le musée d’histoire naturelle (« J’aimerai rester ici toute ma vie ! » disent-ils).










Puis nous devons repartir en direction de Rhodes. Le hic, c’est que le ferry pour Rhodes (les amateurs de 7wonders diront Rhodos ! 😉) partant d’Heraklion est 2 fois par semaine à… 4h du matin ! Pas le choix !
Nous commençons donc notre nuit dans un coin de la gare maritime, avec l’accord du gardien. À 3h, nous remballons nos duvets… pour les reposer une grosse heure plus tard dans le ferry, entre les sièges. Ça pique un peu, mais on se rendort rapidement. Bref, ce n’est pas la meilleure nuit du voyage ! Au final les enfants dorment plutôt bien, et sont franchement cool la journée qui suit. Le ferry fait des stops dans différentes îles, avant d’arriver à 15h à Rhodes.






Un superbe appart-hôtel avec piscine nous requinque. Le lendemain, nous découvrons cette vieille citadelle médiévale : magnifique ! Une des mieux conservée de Grèce, parait-il. Pédaler dans les ruelles pavées n’est jamais très agréable, mais peu importe. On se marre en voyant les regards mi-médusés mi-amusés des locaux et des touristes face à notre convoi.












Dans l’après-midi, nous prenons un nouveau (et dernier) ferry : cette fois-ci, c’est la bonne : en route pour la Turquie ! Cela fait 10 ans (depuis notre précédent périple) que nous voulions y retourner, nous avons hâte !
Et les semaines qui vont suivre vont dépasser nos espérances en matière d’accueil et de générosité !
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Les choses qui nous ont marquées en Grèce :
Voilà quelques petites choses en plus notées au cours des semaines passées en Grèce, et dont je ne parle pas forcément dans les articles (tous les articles de Grèce : par là)
La nature :
Une nature riche en ce printemps : plein de fleurs, d’insectes, d’oiseaux…
Et dans pas mal de coins, tous les soirs peu après le coucher du soleil : les cris de chacal doré ! La première fois, on a cru à des loups (un peu flippant car ils étaient tout autour de nous), mais en écoutant, on s’est dit que c’était moins grave, différent des loups : on a découvert les chacals (et non « chacaux » 😉) dorés ! Entendus, mais non vu en Grèce (en Turquie, on en a aperçu un furtivement un soir 😍)
Les citrons ramassés en bord de route PARTOUT ! (très pratique le jus de citron dans la gourde pour traiter une cystite débutante 😉 )


La nourriture
Miam, le Tzatzíki (presque tous les midis dans les sandwichs) !
Ou le yaourt grec et son pot de 1kg qui ne fait qu’un repas…
Et puis aussi les délicieuses Pita, à 3 ou 4 euros (le plat favori d’Alice en Grèce, qu’elle mangeait sans viande ou aux falafel)
La religion
Des églises (orthodoxes) dans chaque village, parfois dans la nature aussi.
Et surtout, les mini-chapelles de bord de route, vraiment souvent. Elles sont posées là pour se souvenir d’une personne décédé, mais pas seulement ! C’est aussi en remerciement d’un décès évité lors d’un accident.






Autres :
Les gens ont un abord parfois un peu froid au départ, mais très sympa ensuite.
Nous sommes étonnés des personnes âgées qui parlent étonnamment bien anglais parfois.
Côté touristes, nous sommes souvent entourés d’allemands : c’est impressionnant le nombre d’allemands en Grèce !
Les magasins : attention aux horaires d’ouverture ! Les magasins en Grèce sont ouverts du lundi au samedi mais les lundi, mercredi, et samedi, ils sont souvent ouverts jusqu’en début d’après-midi seulement !
Payer en cash ou en carte ? Cela peut changer le prix ! Payer en cash fait parfois diminuer le prix (les campings notamment). Bon, par contre, c’est probablement qu’ils le passent au Black ?
Le cyrillique : nous aimons nous amuser à apprendre le cyrillique, essayer de lire les mots grecs. Quand on connaît les lettres, finalement il y a plein de mots qui sont proches du français !


