Après les premières semaines au Maroc, nous avons pris le rythme du pays et nous nous sentons plus à l’aise.
Nous avons décidé de partir chercher le soleil vers le sud : direction Essaouira ! Après échanges avec d’autres cyclos, on sait que les bus CTM sont bien et prennent facilement les vélos – il suffit de payer un supplément pour gros bagage. À la gare routière, on trouve le comptoir, on prépare les vélos en attendant le bus et dès qu’il arrive, les conducteurs gèrent l’organisation des bagages avec calme et… tout rentre sans problème ! Trop facile ! En route !

Bon, en route, mais cette journée du 30 décembre va être trèèès looooongue ! Partis de Rabat à 13h, nous prenons un bus jusqu’à Casablanca, puis nous enchaînons sur un second bus pour atteindre notre destination… à 23h30 ! Pas toujours facile d’occuper 3 enfants dans des bus pendant aussi longtemps, mais on peut quand même dire que les enfants sont très patients ce jour-là ! Sur la fin, Alice fixe la route car le mal des transports est là, mais les deux plus jeunes dorment. On est contents… mais une fois arrivés à Essaouira, pas facile de les réveiller pour donner les quelques coups de pédale jusqu’à l’appartement loué…
Nous passons quelques jours à Essaouira, à proximité de la plage. Le premier jour est un peu « sportif » après la journée de bus de la veille (les enfant sont bien fatigués…), mais se termine par un chouette réveillon du nouvel an entre voyageurs : une famille de cyclos (Lucia, Antoine et Milan dit les 3pedalstrokes – un couple avec un garçon de l’âge d’Erwan) et Laura, la voyageuse croisée à Tarifa !
Les jours suivants, le temps se dégrade peu à peu (une des nombreuses tempêtes de cet hiver), et nous force à prolonger de 3 jours notre séjour. Nous profitons un peu de la plage au début, puis le vent nous fait nous réfugier plutôt au cœur de la médina, dans ses petites ruelles où l’on se perd avec plaisir, et où l’on ne sent presque plus le vent (la pluie, si !). On découvre aussi la magnifique bibliothèque de l’institut français avec nos amis cyclos (les deux garçons de 4 ans deviennent vraiment copains !) : on passe l’après-midi à lire des livres aux enfants et on y rencontre une autre famille (un couple parisien franco-marocain avec un enfant). Bref, quelques jours entre voyageurs français qui font du bien et permettent de partager, se comprendre, se conseiller, etc.
















Le 5 janvier, les conditions météo sont à nouveau favorables : on est trop contents d’attaquer cette deuxième partie du séjour au Maroc.
Rapidement après la sortie d’Essaouira, on découvre le vert des champs d’argan – c’est joli et ça nous fait de bons spots bivouacs le soir ! La tempête s’éloignant, le soleil revient jour après jour. Le vent est encore présent mais nous pousse plutôt dans le dos : c’est pas mal pour les montées… mais il fait froid dès qu’on s’arrête ! Nous optons pour la nationale (moyennement passante) un peu dans l’intérieur des terres (plutôt que les chemins côtiers qui risquent de ne pas être très carrossables après les fortes pluies des derniers jours). Les nationales au Maroc n’ont rien à voir avec les nationales françaises mais il faut tout de même avoir un œil sur le rétroviseur : les taxis aiment filer à vive allure par ici ! D’Essaouira à Agadir, les dénivelés sont en général doux, avec parfois quelques longues côtes. Nous sommes souvent récompensés par de magnifiques points de vue.












À la sortie d’un village, on passe devant un hangar où deux personnes sont en train de faire de l’huile d’olive : ils nous accueillent avec le sourire, nous montrent le différentes étapes nécessaires à la fabrication de cette huile et nous la font goûter avec du pain. Adorables !





Parmi ces collines vallonnées, on passe une journée de repos au Berber Beldi Camp, camping avec des logements posé tout en haut d’une colline, où l’on se sent bien. On n’avait pas prévu d’y rester mais les enfants ont été convaincants ! Un peu repos mérité notamment pour notre aînée qui a eu un peu mal au ventre ces derniers jours (on n’a connu aucun épisode de tourista au Maroc ! 💪 Juste quelques passages avec des maux de ventre les premières semaines, le temps que notre tuyauterie s’habitue à ce nouvel environnement).












La suite de la route nous amène sur la côte, par de nombreux lacets et de splendides points de vue (aïe, la piqure d’abeille sur mon front à cause d’une pauvre bête prise dans le casque en pleine descente !). Nous roulons jusqu’à Tamri, haut lieu de surfeur, où nous posons la tente sur la plage, avec l’aide et l’accord du gardien du lieu.














Après cette plage, la route longe la côte et c’est superbe ! Le coin est assez sauvage par endroits (on galère même à trouver de l’eau pour remplir nos gourdes le midi). Un peu plus loin, le contraste est fort avec le village d’Imi Ouaddar trèèès touristique – où la moindre chose nous coûte le double de d’habitude. Et le soir, les enfants nous poussent à aller au camping quelques kilomètres plus loin : on se retrouve entourés de camping-cars français et allemands, entassés les uns contre les autres. L’espace et la liberté dont on a l’habitude en bivouac nous manquent !








On ne traine pas ici et on file rapidement sur Taghadirt, ville et plage réputée pour le surf. Dans la ville, on se croirait presque en Europe, avec poubelles, passages piétons et jolies décorations dans la rue. Un peu plus loin sur la promenade de la plage, on monte franchement le curseur d’un cran, avec un front de mer bordé d’hôtels de luxe : Hilton, Radisson Blu… Cette luxueuse promenade côtière a l’avantage de permettre à tous les enfants de pédaler en autonomie !
On pique-nique le midi en regardant les surfeurs (qui sont vraiment très nombreux !) : une attraction toujours très appréciée par nos enfants. Un français installé ici, cycliste aussi, nous raconte qu’il y a 15 ans cette côte était sauvage : difficile à imaginer ! Habitué à pédaler dans le coin, il nous conseille un chemin parfait pour entrer dans Agadir.






Grâce à lui, notre entrée dans Agadir est agréable. Elle est même ponctuée d’un arrêt goûter dans une superbe aire de jeux (c’est assez rare au Maroc pour mériter d’être cité !😅)
Un peu plus loin, on offre à un homme notre canne à pêche reçue en Irlande : le vendeur irlandais nous l’avait bien dit : « si vous n’en voulez plus, donnez-la ». Elle ne nous sert presque pas et on s’allège ainsi de quelques précieux grammes avant d’attaquer les montagnes de l’Atlas. Nous filons ensuite à l’appartement loué pour deux nuits à Agadir.



Nous profitons du stop dans cette capitale régionale pour faire un bon point matériel ! Pose de nouvelles fermetures éclairs pour la tente (on prolonge la vie de notre tente le plus possible, pour 20€ et 1h de temps!), gros point réparations sur les vélos.


A Agadir, on découvre aussi El Had, le plus grand souk d’Afrique : c’est grand, c’est le bazar, c’est bruyant mais c’est sympathique quand même ! On circule à vélo dans cette ville qui a parfois des airs de ville d’Europe avec toutes ses pistes cyclables, mais on fait aussi l’expérience assez particulière des taxis au marocains (aucune ceinture disponible, conduite sportive, plusieurs clients en même temps…).





La sortie de la ville est par contre beaucoup moins sympathique : une circulation très dense et sans réelle place pour nous, vélos. On pédale les premiers kilomètres en ayant l’œil rivé sur le rétroviseur pour toujours surveiller ce qui arrive derrière. C’est stressant… mais finalement les conducteurs font attention et nous dépassent en respectant une bonne distance.
Peu après l’aéroport d’Agadir, l’intensité réduit : ouf ! La fin de journée approchant, on commence à songer où dormir. Un homme (visiblement très religieux car à aucun moment il ne me touche contrairement aux enfants ou à Thomas – un peu troublant…) nous propose gentiment de nous héberger… mais il habite à 18kms de là ! On poursuit notre recherche et en partant sur les chemins environnants, on fini (au 2ème essai) par trouver un très joli spot dans un écrin de verdure !
Le lendemain, il faut retrouver notre nationale et ses looongues lignes droites. C’est presque plat (faux-plat montant), la journée est rythmée par les troupeaux de moutons et chèvres le long de la nationale, les pickups surchargés de façon parfois surprenante, les champs d’agrumes qui ont remplacé ceux d’argan, et les montagnes au loin – anti-atlas d’un côté et Moyen/Haut Atlas de l’autre). Nous sommes pris d’un coup de motivation pour faire rapidement passer cette route (pas très intéressante mais très roulante) : nous enchaînons 60kms dans la journée pour arriver au camping de Taroudant à la nuit tombante.


Taroudant, 1ère capitale des sultans, avant Marrakech et ville préférée de Chirac paraît-il 😅. Une ville célèbre pour ses 6 km de superbes remparts du XVIè siècle (qui en firent une citadelle imprenable pendant longtemps).
Elle nous marque par sa vue sur les sommets du Haut Atlas enneigés, sa petite tannerie artisanale peu touristique, ses petites rues commerçantes qui fourmillent d’une activité frénétique, ses mosquées nombreuses qui semblent se répondre à l’heure de la prière. Mais aussi par le nombre de vélos qu’on y croise, hommes et femmes, voilées ou non (et même des filles en voile intégral !), et son refuge pour chien errants tenu par une française. Bref, un chouette moment ici !


















Après 2 jours de repos, nous quittons cette jolie ville en bus. Le trajet est magnifique : après avoir passé de nombreux champs maraichers (des courges à gogo !), nous montons peu à peu dans les montagnes. Nous enchaînons les vues sur les montagnes enneigées et les paysages désertiques. Faire cette partie en vélo aurait été magnifique mais… quelques longues côtes auraient été franchement corsées et cela nous aurait pris pas mal de temps. Pour s’occuper pendant le trajet, Julia invente un jeu : « cherche Minaret » (il nous occupera sur les routes à vélo jusqu’à la fin du Maroc !).
280 km plus tard (soit 5h de bus), on arrive à Ouarzazate, au milieu des montagnes : nous voilà au milieu de l’Atlas ! 🥳






Nous filons au camping où nous prenons une chambre car la météo du lendemain annonce… de la neige ! Les enfants espèrent que les prévisions ne se trompent pas et ne parlent presque que de ça !

La suite ? Par là !



Merci pour ces textes et photos
J’ apprécie beaucoup et je pense aux enfants : quel enrichissement. Bravo
Bonjour, merci vos récits font rêves et très inspirants!
Merci ! Ce n’est pas tous les jours que des choses faciles quand on est en famille à vélo, mais plein de belles choses qui font que ça en vaut vraiment la peine !