Nous sommes donc à Ouarzazate en ce 17 janvier 2026 (pour lire l’épisode précédent, c’est par là !)
Les prévisions météo l’annonçaient et les enfants l’attendait ! Il neige ce matin et surtout ce midi sur Ouarzazate (nous sommes à 1 100m d’altitude) ! ❄️❄️❄️ Elle ne tient pas longtemps par terre, mais c’est trop chouette d’être sous les flocons, qui sont même assez intenses parfois. Les gens nous le diront plusieurs fois : c’est exceptionnel qu’il neige à Ouarzazate ! Tous les 10 ans environ !

Nous profitons de notre journée de repos pour visiter un peu, malgré le froid : l’ancienne synagogue, transformée en musée de la culture juive berbère, avec un guide adorable et intéressant (un cycliste dans son temps libre qui, épaté par notre aventure, nous rend l’argent payé pour la visite quand il apprend le périple qu’on fait !😍), puis une herboristerie berbère.






Après un déjeuner au chaud, les filles partent visiter le musée du cinéma (de nombreux films sont tournés dans la région avec notamment des grands studios de cinéma à l’entrée de la ville) puis la Kasbah (château).
Les garçons sont rentrés à la chambre, Erwan n’ayant auuucune envie de continuer les visites.
C’était très chouette tout ça mais on a des enfants trèès ronchon ce jour-là ! 😩 (peut-être l’arrivée de la neige, le changement d’altitude et de température ? 🤷🏽♀️)












En fin de journée, les filles vont se laver… au hammam ! Un p’tit hammam de quartier, pas un truc de touristes, hein ! (et ça n’a rien à voir avec les Hammam en France) Les mamas aident les filles à se laver et se démêler les cheveux, nous frottent le dos, etc. C’était une très très chouette découverte, un joli moment de partage avec les marocaines. On a, toutes les 3, adoré et on y retournera dans les semaines à venir !
Le lendemain, on quitte Ouarzazate en vélo et sous le soleil ! De belles montées et descentes nous attendent mais aussi un fort vent de dos qui nous aide beaucoup ! Ce vent vient du nord, il est bien froid : nous avons trop froid à l’arrêt et un peu trop chaud en pédalant… On fait des pauses régulièrement mais on ne s’éternise pas. En contrepartie, les paysages sont absolument superbes. Avec la neige de la veille, tout le Haut-Atlas est blanc et nous offre un superbe contraste de couleurs.
On s’abrite derrière de haut mur d’une école pour pique-niquer : nous sommes vite entourés d’enfants un peu curieux, puis le maître arrive et les envoie en classe. Il passe un moment à discuter avec nous et nous propose de visiter l’école (par ici les infos de la visite !)
Il nous donne une info intéressante : il y a une superstition au Maroc qui dit qu’offrir de la nourriture aux voyageurs qu’on rencontre, cela évite d’avoir des rats dans la maison.







A 16h, nous sommes à 1300m d’altitude : nous décidons de nous arrêter là pour passer la nuit, dans une petite et superbe oasis, pour laisser les 2 cols à venir pour le lendemain. On trouve un coin sympa (mais bien galère d’accès !), caché du vent pour poser la tente. En soirée, le vent se calme mais la température descend peu à peu. Après un repas pris exceptionnellement dans la chambre de notre tente (les enfants ont froid !), nous additionnons les couches de vêtements chauds pour essayer de passer la nuit à peu près correctement.
Dans la nuit, les enfants ont quelques réveils pour réajuster leur installation dans le duvet mais globalement ils n’ont pas froid. Le froid est saisissant et nos duvets à Thomas et moi sont sûrement un peu moins chauds que les enfants (et/ou nos vêtements thermiques moins efficaces). Toujours est-il qu’une sensation de froid léger et diffuse mais bien présente me réveille plusieurs fois et Thomas a les pieds froids toute la fin de nuit. Quand, au matin, on arrive à sortir de nos duvets, vers 8h30, il fait -1.5° ! Il faut une bonne heure avant que le soleil ne vienne réchauffer notre emplacement.
Alors qu’on range notre campement, le propriétaire du lieu arrive et nous accueille à bras ouvert. Il nous dit qu’il a fait -3° cette nuit ; il nous offre du thé et des fruits. Nous sommes épatés : on squatte sur son terrain et il nous offre à manger ! Vous feriez ça, vous ? 😉





Nous reprenons notre ascension. Les muscles encore un peu tendus par la froide nuit ne sont pas très efficaces au départ. On va doucement. Il y a quelques descentes courtes, mais c’est presque tout le temps de la montée ; on se réchauffe !
La journée est splendide : le genre de journée qui fait oublier toutes les galères possibles. On a donc deux cols à passer et les enfants sont hyper courageux ! Un premier à 1580m d’altitude, le matin ; puis l’autre à 1700m sur une route tranquille et large. Cela permet à Erwan et Julia de pédaler en autonomie, juste soutenus parfois par notre corde ou un tendeur. Cette organisation nous allège, Thomas et moi, et les enfants sont tellement contents et fiers ! Il reste parfois de neige sur le bord de la route, et les enfants font même une petite bataille de neige en fin de montée ❄️😍















On enchaîne ensuite sur 18km de descente ! J’ai mal aux mains à force de freiner ! On arrive juste au coucher du soleil au camping de Agdz (un camping au milieu d’une oasis, pas cher, avec le pain gratuit pour le petit dèj’ et un gérant super sympa : un pépite !). Après une bonne douche et le dîner, les enfants s’endorment en un rien de temps !






Les jours qui suivent nous amènent en direction de Zagora, le long de la vallée du Drâa. Toute la vallée de ce fleuve est une immense oasis. Une piste cyclable est identifié sur la route nationale : c’est tellement surprenant d’avoir une piste cyclable aussi longue au Maroc !
La première journée, nous avons essentiellement du faux-plat descendant : c’est luxe !
C’est aussi une journée pleine de piquants… au sens propre ! Lors d’une pause, Julia tombe dans une plante pleine de mini épines ! Elle en a plein les mains et les fesses… aïe, aïe, aïe ! On court chercher la pince à épiler pour les retirer un à un ! Elle fera plus attention aux plantes quand elle jouera les jours qui suivent…
La journée est belle mais la soirée est… une belle galère : pour poser le bivouac, on a repéré une oasis. Il est déjà un peu tard quand on y arrive. Au moment de poser la tente, on se rend compte que le soleil est recouvert de petits piquants de plantes (une autre sorte que ceux qui ont atterris dans la peau de notre fille). On balaye au pied, avec des feuilles de palmier, avec des bâtons : tout le monde participe et chacun y va de sa technique. Mais rien n’y fait ! Il y a toujours presque autant de piquants qui traversent Tarp et tente, et qui risqueraient trop de percer nos tapis de sol si on s’installait dessus pour la nuit !
Le temps de faire tout ça, il fait nuit noire ! Un autre spot à proximité ? Nada, niet… Glups, on fait quoi ? Je propose de faire un matelas de feuilles de palmier ; n’ayant pas de meilleure idée, on teste ! Au final, cela semble suffisant, on croise les doigts. Le temps de faire à manger et gérer le coucher, les enfants s’endorment à 22h ! Quelle soirée ! 😥












La journée suivante, nous décidons de suivre une route secondaire (au lieu de la nationale), très peu empruntée et en super état. Du coup, tout le monde peut pédaler en autonomie selon les envies. On traverse l’oasis, c’est superbe ! On observe avec les enfants le système d’irrigation et l’organisation de cultures entre les palmiers-dattiers. On voit qu’ils utilisent ce qu’on appelle en Europe la permaculture (mais pour eux c’est probablement des méthodes ancestrales) avec luzerne et fèves, pour régénérer le sol à cette saison où il y a peu de culture productive.
Au bout quelques kilomètres, Julia se braque pour une broutille aux abords d’un village et se met à bouder dans un coin… Impossible de la faire avancer… On est à la sortie d’un village alors on se retrouve vite entourés d’enfants. Après quelques longues minutes, ce sont deux fillettes marocaines qui arrivent à faire revenir Julia et lui rendre le sourire ! Ouf !
Plus loin, par deux fois cet après-midi, on est suivi par un groupe de garçons à vélo ou à pieds, qui nous suivent sur 1 ou 2 km : « un peu trop envahissant » selon Alice et Erwan, « chouette » selon Julia.
Les jolis villages en pisé ponctuent notre route et coupent un peu de l’environnement très minéral que nous avons rejoint – même si l’oasis est toujours là, un peu au loin. Certaines maisons en pisé ont parfois 500 ans ou plus nous disent les locaux !
Parfois la route semble passer au milieu du lit d’une rivière : on se dit qu’en période de crue, les villages peuvent être bien isolés (un taximan nous dira un peu plus tard qu’il y a de l’eau une fois par an dans les rivières… alors qu’auparavant c’était plutôt une fois par mois !)
Nous avions ce jour-là l’objectif d’aller jusqu’à Zagora mais nos cuisses sont trop fatiguées des jours précédents. On se pose à 10kms de Zagora dans un camping très rustique, après tout de même 47kms.

















Le 23 janvier, il ne nous faut pas longtemps pour arriver à la ville de Zagora, où nous posons nos sacoches en camping pour quelques jours.
Nous nous reposons dans un cadre splendide, qui invite au farniente. Julia a par contre la malchance de se faire attaquer par un chat dans le camping : en route pour l’hôpital et un protocole contraignant de 5 vaccins anti-rabique sur un mois. Il va falloir rajouter ça à notre planning et faire coordonner ces injections à nos passages dans des villes 😩.
Nos amis belges en van rencontrés dans le sud de l’Espagne nous rejoignent ici pour de dernières retrouvailles avant la fin de leur aventure.








De Zagora, nous prenons un taxi (sans les vélos et avec le minimum d’affaires) pour faire une excursion sur 3 jours dans le désert du Sahara, à Ouled Driss.
Notre petite caravane est composée de :
- Brahim, notre guide et cuisinier ; adorable et attentif à ce que tout aille au mieux pour chacun (si vous aussi, vous voulez allez faire un trek dans le désert avec Brahim, son contact est par là : Brahim – Trek Tranquille).
- Hussein, notre chamelier ; discret mais efficace
- 3 dromadaires : des sacrées bêtes qui ont un petit air attachant ! Ils nous promènent sans broncher malgré leur lourd chargement.
Alice a adoré les dromadaires (elle en a d’ailleurs fait un exposé, à lire par ici !) ; Julia a adoré faire le pain du désert dans le sable chaud et faire de la musique sur les bidons ; Erwan a le « plus préféré » faire des feux tous les soirs. On a tous adoré grimper dans les dunes, glisser, rouler, sauter, photographier…
Le premier jour est sous le soleil, le deuxième jour avec le vent, du milieu de journée jusqu’au coucher du soleil (c’est au milieu de la tempête de sable qu’on réalise que le chech n’est pas là pour faire joli et qu’il est vraiment utile !). Et la dernière matinée, nous avons un mix de soleil et de vent.
Trois jours et deux nuits dans le calme du désert. C’est là que nous fêtons notre 200ème jour de voyage, soit exactement le milieu de notre aventure : un sacré cap, la moitié ! Verre à moitié vide ou verre à moitié plein, vous êtes de quelle team, vous ?
Quelques jours plus tôt, nous étions sous la neige à Ouarzazate, nous sommes ici dans les dunes de sables du Sahara : vraiment, le Maroc nous gâte de toutes ses beautés et sa diversité !
































De retour à Zagora après cette inoubliable parenthèse (désolée pour le nombre de photos, c’est très dur de choisir !), nous restons encore deux jours avant de reprendre nos vélos, en direction du nord-est !




Vraiment superbes les photos dans le désert. Vous avez vraiment eu de la chance d’avoir grand soleil et aussi une ( sans doute petite) tempête de sable. Jamais de tempête de sable vécue pour nous que ce soit en Jordanie ou en Namibie.